Incendie mortel de Courchevel : le principal suspect en fuite, le propriétaire mis en examen

Le propriétaire du bâtiment qui avait pris feu à Courchevel en 2019, provoquant la mort de deux personnes, a été mis en examen vendredi. Mais l'homme soupçonné d'avoir déclenché l'incendie au sein de cette résidence pour saisonniers a pris la fuite au printemps. Il est activement recherché.

Le principal suspect dans l'enquête sur l'incendie mortel de Courchevel a pris la fuite. Cet homme d'une vingtaine d'années de nationalité algérienne est soupçonné d'avoir mis le feu en 2019 à un bâtiment hébergeant des travailleurs saisonniers. Deux personnes avaient péri dans les flammes. Il avait été interpellé dès mars 2019 et mis en examen pour "destruction par incendie ayant entraîné la mort", "destruction par incendie ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours", et "détention d'arme".

Mais ce dernier avait été libéré début avril 2021 du fait d'un vice de procédure et placé sous contrôle judiciaire. Bien connu des services de police pour des faits liés au trafic de stupéfiants, l'homme est en fuite depuis le printemps et "activement recherché", a indiqué le procureur de Chambéry Pierre-Yves Michau lundi 11 octobre.

 

Le propriétaire mis en examen

Quant au propriétaire du bâtiment où étaient hébergés les saisonniers, il a été mis en examen vendredi par un juge d'instruction de Chambéry pour "homicide et blessures involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de trois mois", "non-respect des règles d'entretien et de sécurité des bâtiments d'habitation", et "hébergement de travailleurs dans un local non conforme".

Le parquet de Chambéry avait requis dès le mois de mai 2020 cette mise en examen supplétive de l'homme d'affaires, bien connu dans la station. Mais un désaccord entre les parquets de Chambéry et d'Albertville avait dans un premier temps freiné la procédure, puis le magistrat instructeur avait réclamé des expertises techniques supplémentaires avant d'entendre le propriétaire, selon plusieurs sources judiciaires. 

"Vu la technicité" de cette partie du dossier, ce délai de près d'un an et demi n'a "rien d'inhabituel", a estimé M. Michau. L'incendie était survenu le 20 janvier 2019 dans un bâtiment des années 70 qui hébergeait des travailleurs saisonniers dans cette station huppée de la vallée de Tarentaise. Deux d'entre eux avaient succombé, une femme de 32 ans et un homme de 50 ans, et une vingtaine d'autres avaient été blessés.

 

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