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Lyon-Turin: EELV "rappelle à l'ordre" les pouvoirs publics

La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts Emmanuelle Cosse dit souhaiter "rappeler à l'ordre nos dirigeants" sur le projet de ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin, estimant que "d'autres solutions sont possibles sur le fret ferroviaire dans la zone des Alpes".
La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts Emmanuelle Cosse
La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts Emmanuelle Cosse © AFP
Lundi 19 janvier, la dirigeante d'EELV a exprimé, lors d'une conférence de presse, sa vive inquiétude sur le Lyon-Turin qui passe par la construction d'un tunnel transalpin de 57km pour 8,5 milliards d'euros, financé à 40% par l'Union européenne.

D'autres solutions sont possibles"


Ces dirigeants "aiment bien brandir les grandes infrastructures pour montrer que cela avance, mais il faut aussi entendre que, parfois, une grande infrastructure n'est pas la meilleure réponse au problème de la pollution et du trafic routier dans cette zone des Alpes", a souligné la responsable d'EELV. "En disant qu'on fera le Lyon-Turin à tout prix, on met tout l'argent pour cette infrastructure et on ne permet pas de travailler sur le contournement ferroviaire de Lyon (...) sur des lignes ferroviaires existantes qu'il faut réhabiliter et on ne permet pas de s'interroger vraiment de la desserte de la zone... C'est tout cela qui ne va pas", a ajouté Emmanuelle Cosse.

"D'autres solutions sont possibles sur le fret ferroviaire dans la zone des Alpes" et il faut s'inspirer de la Suisse et de l'Autriche, où "ils ont réutilisé des lignes anciennes", a relevé la dirigeante d'EELV.

La députée européenne écologiste Michèle Rivasi a aussi mis en garde contre une spirale des coûts, observant qu'"un tunnel équivalent" à celui prévu pour le Lyon-Turin vient de s'achever en Suisse, le Saint-Gothard, et que son coût atteint déjà 10,5 milliards d'euros. Elle a d'autre part relevé qu'il existait "à côté" un autre tunnel, celui du Mont-Cenis, "est utilisé à 20% de ses capacités" sur le ferroutage. "Comment, s'est-elle indignée, peut-on justifier de percer ce tunnel (pour le Lyon-Turin) alors qu'on a un tunnel existant qui est utilisé en sous-capacité?"

"Il y a du boulot au niveau de l'Europe pour faire bloquer ce dossier", a conclu l'eurodéputée. "Il faut rouvrir la discussion sur le Lyon-Turin, même au niveau européen (...) On peut faire autre chose que le tunnel", a renchéri Monica Frassoni, coprésidente du Parti vert européen. En cette "année très particulière" qui verra la conférence sur le climat à Paris, "cela doit interroger notre pays sur ses choix politiques quand il fait des infrastructures. Est-ce qu'il fait toujours les bons choix? Est-ce qu'il a vraiment essayé de mettre en oeuvre de la démocratie?", a demandé Mme Cosse.

Les écologistes ont tourné casaque"

Dans un communiqué, le président de la Région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, a regretté pour sa part "le revirement" d'EELV sur le Lyon-Turin "comme la majorité des rhônalpins".

"Etre écologiste, c'est vouloir réduire la pollution atmosphérique liée au trafic routier en mettant les camions sur des trains", a-t-il déclaré en assurant que les vallées alpines souffraient "d'un trafic trop important".

"Madame Rivasi, qui est si sensible aux conséquences pour la santé humaine de ce trafic sans cesse croissant, a-t-elle interrogé les habitants les plus sévèrement touchés par ces pics de pollution?", a interrogé M. Queyranne en soulignant qu'il s'agissait "aujourd'hui d'un problème de santé publique dont l'impact est avéré". "En s'opposant au Lyon-Turin, les écologistes ont tourné casaque. Ils étaient les verts, fervents défenseurs de l'environnement. Ils vont devenir gris de pollution", a-t-il conclu".
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