SKI. Appel au boycott, décompte des blessés, coups de gueule : la polémique enfle autour du slalom géant parallèle

Le slalom géant parallèle à Chamonix ce dimanche 9 février 2020, lors de l'étape de coupe du monde de ski alpin. / © JEFF PACHOUD / AFP
Le slalom géant parallèle à Chamonix ce dimanche 9 février 2020, lors de l'étape de coupe du monde de ski alpin. / © JEFF PACHOUD / AFP

Dès dimanche, Alexis Pinturault exprimait "sa rage" envers cette discipline voulue par la Fédération internationale de ski. Le slalom géant parallèle a été imaginé pour séduire le grand public et rendre le sport plus spectaculaire. Mais pour les skieurs, c'est une discipline dangereuse et injuste.

Par Cécile Mathy

"Aujourd’hui j’ai la rage, l’impression de me faire berner...nous les athlètes pris pour des pions d’un spectacle et non acteur d’un sport! Depuis quand en sport la chance prend le dessus sur la performance? Et la dangerosité du format on en parle?"

Les mots sont percutants, sans langue de bois, à la hauteur de la déception et de la colère d'Alexis Pinturault à l'issue du slalom géant parallèle de Chamonix ce week-end. Le skieur de Courchevel fait part de "sa rage" sur Twitter après sa 13e place sur la piste du Kandahar aux Houches.

Un résultat qui ne doit pas s'analyser en terme de technique d'après le skieur, car les deux parcours, rouge et bleu, n'offraient pas les mêmes chances de gagner.
 


"C'est une discipline qui n'a ni queue ni tête", confiait-il à l'issue de la compétition à France 3 Alpes.  "Tous les tracés qui se sont qualifiés, ce ne sont que des tracés bleus et étant donné que c'est tiré au sort, c'est tout à la chance, je trouve ça très injuste".

 
 

Une discipline "injuste" qui laisse trop de place "à la chance"


Depuis sa prise de parole sans concessions, d'autres skieurs se font entendre. Le Suisse Daniel Yule a appelé au boycott du slalom géant parallèle, relatent nos confrères de SkiActu.ch.

 


Un format explosif et télégénique

Le slalom géant parallèle oppose deux skieurs simultanément. Chacun est placé dans un portillon de départ et s'élance sur un parcours, en parallèle de celui de son adversaire. A la fin de la manche, le skieur arrivé en premier se qualifie pour la manche suivante.

La formule ménage le suspens et crée une dramaturgie différente de celle des compétitions classiques de ski alpin, lors desquelles les athlètes se battent avant tout contre le chrono et contre eux-mêmes. 

Ce format inventé par la Fédération Internationale de Ski en 2015 est destiné à séduire un plus large public et faire davantage d'audience à la télévision.

 

 

Blessures en cascade

Justin Murisier avoue, lui, être "simplement content d’être en 1 morceau après cette course", faisant écho aux nombreuses blessures survenues en slalom géant parallèle cette saison.

Des blessures que Julien Lizeroux s'est chargé de recenser. Sur les réseaux sociaux, il dresse la liste des six skieurs et skieuses blessé.e.s suite à leur participation.

Il mentionne ainsi Mauro Caviezel, blessé lors du géant parallèle d'Alta Badia en décembre, Aline Danioth qui a chuté à Sestrières, tout comme Coralie Frasse-Sombet. L'Autrichien Stefan Brennsteiner s'est lui blessé au genou à Chamonix, scénario identique pour Simon Maurberger. Adam Zampa a lui aussi senti une douleur au genou dans le slalom géant parallèle et doit rester au repos quelques semaines.

Reste à savoir si, sous le poids de la pression des skieurs, la FIS sera prête à revoir sa copie...
 

 

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