REPLAY. Voir ou revoir le documentaire "Infirmier-e-s à coeur ouvert" diffusé sur France 3

Le lundi 27 avril, France 3 diffuse le documentaire "Infirmier-e-s à cœur ouvert" réalisé par Pascal Créségut. Un recueil de paroles de soignants tourné en 2018 qui trouvent une autre résonance aujourd’hui. Nous les avons rappelés pour savoir ce qui a changé... ou pas. 

Image tirée du film "Infirmier-e-s à cœur ouvert" de Pascal Créségut
Image tirée du film "Infirmier-e-s à cœur ouvert" de Pascal Créségut © crestarproductions
"Les applaudissements, ça fait chaud au cœur mais c’est tout le temps qu’il faudrait applaudir", dit Amélie. Elle ne va plus à domicile mais travaille désormais pour une association, dans un centre de santé à Lyon où elle fait de l’éducation thérapeutique auprès de patients souffrant de maladies chroniques. "Je m’y retrouve. On travaille en équipe avec des valeurs qui me sont chères". Et de valeurs, il en est beaucoup question dans ce documentaire. Pendant plusieurs semaines, Pascal Créségut a suivi six soignants en milieu hospitalier à Saint-Etienne et Clermont-Ferrand, et à domicile à Lyon.

Ils travaillent aux urgences, au bloc, en néonatalogie, en gériatrie et en psychiatrie. Les plus anciens parlent de vocation."Il faut quand même avoir une certaine vocation pour faire ce métier parce que depuis le tournage rien n'a changé : on manque toujours de personnel, les salaires n’évoluent pas et en plus avec le Covid 19, les difficultés sont encore plus palpables", précise Cyril, infirmier en psychiatrie en Auvergne. En réponse, Amélie, infirmière en néonatologie : "C’est fini le temps des religieuses à l’hôpital. J’aime mon métier. Je revendique et revendiquerai toujours mes compétences et non ma vocation ! Je préfère parler d’humanisme et de passion…"

J’ai pas fait ce travail pour poser des perfs à la chaîne...

Le regard que pose Karine, infirmière en gériatrie, sur son métier est froid : "Depuis le tournage, j’ai changé de ville et d’hôpital. Je suis toujours auprès des personnes âgées, mais à Issoire. Par contre, les conditions de travail n’ont pas changé. On manque de reconnaissance sur nos pratiques. Les combats menés par les hôpitaux publics pendant de longs mois n’ont apporté qu’une goutte d’eau". En temps normal, le service d’urgences où travaille Muriel accueille entre 120 et 150 personnes par jour. Muriel est une "reconvertie". Un nouveau métier choisi par passion. Mais la passion se heurte souvent à  la réalité : "Faire vite et bien, des fois, c’est difficile. Je compare mes journées de travail à Top Gun quand tous les avions sont en vol et qu’on ne sait pas où donner de la tête. J’ai pas fait ce travail pour poser des perfs à la chaîne."

Prendre soin aujourd’hui et demain.

"Notre métier c’est le soin. Le soin dans sa globalité. Il y a bien sûr les gestes techniques ceux qui sauvent, ceux qui soignent. Il devrait aussi toujours y avoir ceux qui rassurent : poser la main sur une épaule, tenir une main, écouter, passer un peu plus de temps auprès des patients, de leurs familles. Quand on est soignant, c’est pas la tarification qui nous préoccupe, c’est le soin et on ne nous gratifie jamais pour le soin...", dit encore Amélie de la néotalogie.
Image tirée du documentaire "Infirmier-e-s à cœur ouvert"de Pascal Créségut
Image tirée du documentaire "Infirmier-e-s à cœur ouvert"de Pascal Créségut © crestarproductions

Et demain ?

Karine (gériatrie) : "Il aura fallu une pandémie pour que les soignants aient une reconnaissance. La reconnaissance du public on l’a. Celle de nos gouvernants...?" Amélie (néonatologie) : "Je pense que malheureusement on va vite oublier. Il faudrait que mettre tout le monde autour de la table et tout revoir, de la naissance à la fin de vie. Est-ce qu’une société, un Etat est prêt à investir sans retour sur investissement juste pour soigner ?" Amélie (centre de santé) : "Je ne sais pas si après la crise sanitaire on va être entendu-e-s. J’espère." 

Quelques repères

Au 1er janvier 2019, on comptait 722 572 infirmier-e-s en France dont près de 87% de femmes, 65% travaillent dans le public (source : Ministère des solidarités et de la santé). Le salaire moyen d’un débutant est de 1 450 euros net hors prime (prime de nuit 7 euros net/nuit pour 12h ; prime de week-end et férié 40 euros net/jour). D’après les projections faites par la DREES (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques-ministère de la santé), entre 2014 et 2040, la profession comptera 53% d’infirmier-e-s en plus.

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