"Un Dieu, une patrie et une famille pour la communauté LGBT" : attaqué en justice pour son soutien à l'Aosta Pride, le maire d'Aoste fait face à l'extrême droite

Publié le
Écrit par Fabrice Liégard .

Le succès de la première "Aosta Pride" le 8 octobre dernier n'a pas empêché l'extrême droite italienne de continuer son action de contestation des droits de la communauté LGBTQIA+. Le parti de Matteo Salvini a décidé de poursuivre en justice la mairie d'Aoste pour son soutien à la manifestation.

"Selon moi, il y a bien un Dieu, une patrie et une famille pour la communauté LGBT" : c'est un ton volontairement polémique qu'a employé le maire d'Aoste, Gianni Nuti, lors du dernier conseil municipal. Ce n'est pas par hasard que l'édile a repris à son compte, pour mieux la détourner, la citation qui avait fait le plus couler d'encre lors de la récente campagne électorale italienne : "Une fois au pouvoir, nous défendrons Dieu, la patrie et la famille, même si ces valeurs provoquent le dégoût de certains", avait Giorgia Meloni, nouvelle présidente du conseil.

Un parrainage et une subvention en question

Le succès remporté le 8 octobre dernier par la communauté LGBT+ de la petite vallée francophone, (4000 personnes lors du grand défilé du samedi alors que seulement 1500 étaient attendues), n'aura calmé aucun des membres du conseil municipal de la capitale régionale. Enflammé par l'extrême droite, avant la manifestation, le ton des débats est à nouveau monté cette semaine.

Fidèles à leur tactique de ne pas contester frontalement les droits de la minorité LGBT+, les conseillers d'opposition de la Ligue du Nord, parti de Matteo Salvini, ont annoncé avoir porté plainte devant le tribunal administratif régional contre la mairie. En question : des "vices de forme" dans l'attribution du droit d'apposer le blason de la commune sur l'affiche de l'Aosta Pride. Mais aussi, la subvention de 10 000 euros accordée par la commune pour organiser l'ensemble des 15 jours d'événements (colloques, expositions, débats...) autour du défilé du 8 octobre dernier.

Ce déplacement du débat politique sur le terrain juridique ne pouvait rester sans réponse de la part du premier magistrat de la ville.

'"Dieu, patrie, famille" : oui, mais pour tous'

"Donnons un nom aux choses. Vous voulez livrer une guerre politique contre une certaine vision du monde ? Eh bien, faites là, vous en avez le droit. Mais à la bonne tribune", a déclaré le maire d'Aoste, Gianni Nuti. Sous-entendu : en conseil municipal, mais pas devant un tribunal.

Et de poursuivre faisant ouvertement référence à la citation de Giorgia Meloni sur la défense de "Dieu, famille et patrie" "Vous avez créé bien des souffrances chez certains de nos concitoyens. En alimentant un climat de haine. En masquant vos idées derrière votre petit ballet autour de points de droit : tout cela pèse sur les personnes LGBT+. Celles-là même pour lesquelles vous pensez qu'il n'y a ni Dieu, ni famille, ni patrie". La suite de ce débat se fera prochainement... devant le tribunal administratif d'Aoste.

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