Un projet de ligne ferroviaire reliera bientôt Saint-Etienne, Grenoble et Lyon… à Thionville

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Écrit par Yannick Kusy
Pour mettre en place ses liaisons de train "dans les territoires enclavés" , Railcoop devrait racheter des rames d'occasion à la SNCF (image d'illustration))
Pour mettre en place ses liaisons de train "dans les territoires enclavés" , Railcoop devrait racheter des rames d'occasion à la SNCF (image d'illustration)) © IP3 PRESS/MAXPPP

D’ici à 2026, il sera sans doute possible de relier Saint-Etienne, Lyon ou Grenoble à Thionville, en Moselle, au nord de Metz… par train, sans passer par Paris. C’est le projet mené par une jeune société coopérative française : Railcoop. Les dossiers de demande ont été déposés cet été.

Déjà à l’origine de la future ligne entre Lyon et Bordeaux, qu’elle prépare depuis 2020, et qui devrait débuter son service en juin 2022, la coopérative ferroviaire Railcoop veut aller beaucoup plus loin dans sa démarche de complémentarité avec la SNCF, en remettant des liaisons ferroviaires dans d’autres territoires qui ne sont plus (ou mal) desservis.

Ce sera donc le cas, avec, parmi les dix demandes déposées récemment, le projet d'une ligne directe entre Lyon et Thionville, au nord de Metz, en Moselle. « Pour être précis, nous avons déposé des dossiers à l’Autorité de régulation des transports des projets pour les lignes Saint-Etienne/Thionville et Thionville/Grenoble. Ils comprennent une coupe à Dijon, où le train de sépare (en venant de Thionville). La portion entre Dijon et Saint-Etienne s’arrêtera à Lyon » explique Railcoop.

Ne pas concurrencer la SNCF

L’enjeu, plus large, est celui de l’équilibre du territoire. Certes, le TGV permet déjà de relier Nice à Luxembourg, en passant par Lyon. Il dessert également Metz et Thionville. « Mais là,  il s’agit d’un marché différent, à grande vitesse, avec un prix plus élevé, qui n'a rien à voir avec le nôtre » explique le responsable presse chez Railcoop.

A une époque où les lignes Intercités sont de plus en plus rares, Railcoop mise plutôt sur l’idée de « prendre le train autrement ». Ainsi, entre Thionville et Lyon, le train devrait faire halte à Metz, Nancy, Toul, Neufchâteau, Dijon, Beaune, Chalon-sur-Saône, Mâcon avant d’arriver à Lyon Part-Dieu. A son rythme. Et sans passer par Paris.

« Notre objectif est de venir en complémentarité. Nos cercles de sociétaires, qui investissent dans les projets, travaillent sur différentes thématiques. Ils réfléchissent notamment aux lignes que nous pourrions développer d’ici 2023, avec une constante : ne pas se mettre en concurrence avec la SNCF. » nous résume-t-on.

Concrètement, les dossiers de demandes ont donc été déposés. C’est ensuite « SNCF Réseaux» qui délivrera les horaires de passage des futurs trains de Railcoop. Cela prend, là-aussi, un peu de temps : « On travaille toujours, actuellement, avec eux, sur les horaires du futur Lyon-Bordeaux prévu en 2023. Donc il n’est pas possible de vous dire quelle sera la durée de Lyon-Thionville, par exemple. »

Côté tarif, les décisions viendront, là-encore, en temps utiles. « L’objectif est d’essayer de se placer au niveau du coût du covoiturage » explique Railcoop, qui a jusqu’à 2026 pour commencer à exploiter ses lignes.

Un modèle économique rentable

Railcoop envisage des lignes de frêt (lancement prévu dans deux mois) comme des lignes voyageurs (juin 2022). Le matériel sera loué à une entreprise privée, ou racheté d’occasion à la SNCF.

A chaque ligne lancée, il s’agira tout bonnement de « remettre du train dans des territoires enclavés et de relier des villes de provinces entre elles sans passer par Paris. » Pas question pour autant de ne pas être rentable. La coopérative a fait des études de marché et établit son modèle économique. « Nous ne proposerons pas un transport de masse rapide. Il s’agira simplement de pouvoir prendre le train, même en étant dans un territoire mal desservi aujourd’hui.»

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