Lyon : la "veuve noire" libérée sur un vice de procédure

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Écrit par Philippe Bette
Me Gallo défend  Manuela Gonzalez et a obtenu sa libération devant la Cour d'appel de Grenoble
Me Gallo défend Manuela Gonzalez et a obtenu sa libération devant la Cour d'appel de Grenoble © Max PPP

La justice a libéré lundi la "veuve noire de l'Isère", condamnée à 30 ans de réclusion en 2014, en raison d'un délai trop long entre son premier procès et l'appel. La quinquagénaire était incarcérée à Lyon-Corbas et en détention depuis plus de 5 ans. 

La quinquagénaire, en détention provisoire depuis mars 2010, avait été condamnée à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son dernier mari, Daniel Cano, en octobre 2008, dans des conditions rappelant étrangement l'intoxication de quatre autres de ses compagnons.
 
Lors du procès devant la cour d'assises de l'Isère, son avocat lyonnais, Me Ronald Gallo, avait plaidé l'acquittement, tandis que le parquet avait requis 25 ans de réclusion criminelle. Devant la sévérité de la peine, l'avocat grenoblois avait immédiatement annoncé qu'il allait faire appel.
 
Faute d'audiencement du nouveau procès d'assises, Me Gallo a déposé une demande de remise en liberté de sa cliente le 22 juillet, en estimant que le délai raisonnable pour être jugé avait été dépassé au regard de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (Cedh).
 
La cour d'appel de Grenoble lui a donné raison lundi en ordonnant la libération de sa cliente, en détention depuis plus de 5 ans. Il s'était en effet écoulé dix-sept mois depuis l'appel, sans qu'aucune date ne soit fixée pour le nouveau procès.
Affaire Gonzalez : de troublantes coîncidences
Manuela Gonzalez avait été condamnée pour l'assassinat de son mari, retrouvé calciné le 31 octobre 2008 au matin, sur la banquette arrière de son véhicule incendié, non loin de sa maison de Villard-Bonnot (Isère) dans la vallée du Grésivaudan. Rapidement, l'enquête avait conclu à un incendie volontaire. Les analyses toxicologiques avaient révélé la présence de trois somnifères différents dans le sang de la victime.
 
Avant lui, quatre autres maris de l'accusée avaient subi des intoxications suspectes: deux d'entre eux avaient été hospitalisés dans un état grave, deux autres étaient morts. Et un mois avant le drame, M. Cano avait déjà failli mourir dans un incendie survenu dans la chambre conjugale, la faute à une bougie que le chien de la maison aurait fait tomber.

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