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Procès Médiator: le récit de la première journée d'audience

C'est la suite du procès ouvert en mai dernier à Nanterre, qui avait été reporté suite à une Question prioritaire de Constitutionnalité (QPC). Irène Franchon, la pneumologue brestoise qui a révélé cette affaire, craint un nouveau report. L'instruction en cours pourrait en être la cause.

Servier quitte l'audience


Jacques Servier a demandé à quitter l'audience "pour des raisons de santé" nous indique Adélaïde Castier, notre journaliste présente au procès. Les premières auditions de victimes du Médiator ont eu lieu. "Mon client peut-il quitter la salle?" a demandé, sans plus de précisions, Me Hervé Temime, conseil de M. Servier. 
Il est sorti quelques minutes plus tard de la salle où ont lieu les débats, soutenu par deux personnes et entouré par des policiers en civil.
M. Servier avait pris place quelques heures plus tôt sur le banc des prévenus, sans faire de déclaration à la presse. Il avait répondu d'une voix éraillée à la présidente du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez, qui lui avait demandé de décliner son identité. 


Le procès aura-t-il lieu?

"Nous n'attendons pas grand-chose du procès, qui sera très certainement reporté"


C'est ce qu'a déclaré avant l'ouverture des débats Solange, une des rares parties civiles présentes. Me Charles Joseph-Oudin, conseil d'une centaine de parties civiles à Nanterre, a souhaité que les laboratoires n'essayent "plus de mettre des bâtons dans les roues de la machine judiciaire". 


Irène Frachon est inquiète




Le temps qui passe inquiète Irène Frachon. Le Mediator, ce médicament contre le diabète prescrit comme un coupe-faim, a été commercialisé en 1976. On le voit dans cette frise interactive qui reprends les grandes dates de cette affaire, Irène Frachon a alerté sur les risques cardiaques en 2008. Cinq ans plus tard, plus de 600 victimes demandent réparation devant la justice. Et le temps file aussi pour le principal accusé. Jacques Servier, le président des laboratoires Servier, est poursuivi pour "tromperie aggravée", "escroquerie" et "prise illégale d'intérêt". L'homme, dont la réussite dans l'industrie pharmaceutique est exceptionnelle, a aujourd'hui 91 ans. 

"Servier est âgé et la date d'un procès n'est pas indifférente car d'un côté on a un vieil homme qui peut ne pas être présent le jour de son procès et de l'autre des victimes très malades qui, elles aussi, ne sont pas sûres de tenir jusqu'à une date de procès" s'inquiète Irène Frachon. "L'homme est fatigué, beaucoup moins incisif qu'auparavant. Je ne sais pas s'il sera en mesure d'assister à son procès", a confié à l'AFP une personne de son entourage.

Le Médiator, prescrit jusqu'en 2009, pourrait avoir causé entre 1 300 et 1 800 mors par une défaillance des valves cardiaques.

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