La pollution aux particules est toujours aussi présente sur les quatre départements bretons où le niveau d'alerte de 80 microgrammes par mètre cube est atteint et même dépassé sur plusieurs agglomérations. Il est de nouveau conseillé de limiter ses déplacements.
La Bretagne n'échappe pas à la pollution aux particules qui touche le territoire français depuis plusieurs jours. Les seuils d'alerte se multiplient principalement sur toutes les grandes agglomérations des quatre départements bretons.
Selon Frédéric Vénien, président d'Air Breizh, l'organisme agréé par le ministère chargé de l'Environnement pour la surveillance de la qualité de l'air en Bretagne, la situation n'a que peu évoluée depuis hier vendredi. Même si la circulation routière, l'un des principaux pourvoyeurs de particules fines, est en retrait le week-end, les conditions climatiques à l'origine de cette pollution n'ont pratiquement pas changées. Un léger vent d'Est ramène même sur la Bretagne les poussières des régions avoisinantes. Frédéric Vénien espère pourtant une amélioration de la situation ce dimanche.
Pourquoi une tel pic de pollution ?
La pollution aux PM10 (particules inférieures à 10 micromètres), poussières issues de diverses activités (chauffage au bois et au fioul, industries, moteurs diesel), est favorisée par les conditions anticycloniques et les nuits froides suivies de journées plus chaudes. Ces conditions climatiques ne permettent pas la dispersion des polluants.Le niveau d'alerte est déclenché à partir d'une concentration moyenne quotidienne de PM10 de 80 microgrammes de particules par m3 d'air. Des villes comme Vannes où la moyenne tourne habituellement autour de 20 microgrammes par mètre cube a dépassé pour la première fois ce seuil d'alerte.
Le seuil d'information, atteint à partir de 50 microgrammes par m3, avait été dépassé dès mercredi dans la plupart des agglomérations bretonnes.
Recommandations du ministère de l'agriculture
Ce samedi, le Ministère de l'agriculture recommande aux agriculteurs de restreindre ou de reporter les épandages de fertilisants minéraux et organiques ainsi que les travaux du sol. Il précise que selon les niveaux de pollution aux microparticules, des interdictions d’écobuage ou de brûlage à l’air libre des sous-produits agricoles ont été ou seront le cas échéant prises par les préfets en fonction des situations locales.Recommandations pour limiter la pollution
Pour les automobilistes :- réduire la vitesse de tous les véhicules de 20 km/h sur les routes : de 110km/h à 90km/h et de 90km/h à 70km/h. Les panneaux à messages variables restent activés sur les agglomérations de Rennes, Saint-Brieuc, Lorient et Vannes,
- limiter l’usage des véhicules diesel non équipés de filtres à particules,
- limiter les transports routiers de transit,
- pratiquer le covoiturage, utiliser les transports en commun.
Pour les émetteurs des secteurs tertiaires, industriels et agricoles :
- s'assurer du bon fonctionnement des dispositifs de dépoussiérage,
- limiter les émissions de particules et d’oxydes d’azote,
- éviter d'allumer les feux d'agréments (bois),
- éviter le chauffage par le bois et le charbon,
- limiter les activités de loisir génératrices de particules (manifestations publiques de sports - mécaniques, feux d’artifice, etc.),
- limiter l’usage d’outils d’entretien non électriques,
- reporter les épandages agricoles d’engrais.