Arnold De Parscau, réalisateur de long-métrage à 25 ans

Propulsé dans le monde du cinéma professionnel après avoir été repéré par David Lynch, Arnold De Parscau, Breton de 25 ans, sort en juillet son premier long-métrage, Ablations. Et le jeune talent poursuit sur sa lancée : pour son nouveau court-métrage, il a posé sa caméra en Bretagne. 

Par Leïla Marchand

A 25 ans, à peine trois ans après votre sortie de l'Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle (ESRA) de Rennes, vous avez déjà réalisé un long-métrage professionnel. Comment fait-on pour en arriver là ?


Tout a commencé pendant mes études, avec le clip de David Lynch. En 2011, il a lancé un concours mondial sur internet pour sélectionner la vidéo officielle de son clip "Good Day today". J'ai participé et il a remarqué ma vidéo parmi plusieurs centaines. Il a aimé l'histoire...
Je pense que pour y arriver il faut savoir manier la caméra, bien sûr, avoir quelque chose à raconter et savoir saisir les opportunités. Car c'est ça qui m'a amené à rencontrer ensuite Benoît Delépine, de Canal Plus, plus grosse opportunité encore. Il est arrivé avec un scénario tout fait, qui m'a beaucoup plu, et m'a demandé de le réaliser. A 25 ans, je sais que c'est une chance.

Ce film, Ablations, sort le 16 juillet. Quelle histoire raconte-il ?

L'histoire d'un homme qui se réveille un matin sur un terrain vague avec un rein en moins, sans se souvenir de rien. Il ne veut pas d'un autre rein, il veut absolument récupérer le sien et il va le chercher partout quitte à en devenir fou, quitte à tout perdre... On l'a présenté au festival de Gérardmer et à Bruxelles. Je crois qu'il a été bien reçu, que c'est un film qui peut toucher, même si c'est un thème particulier.

Si vous rêvez d'être réalisateur depuis tout petit, tourner un film avec Denis Menochet, Virginie Ledoyen et Yolande Moreau est un accomplissement. Qu'avez-vous appris pendant le tournage ?


Je sais que je veux être réalisateur depuis mes 19 ans seulement ! Entré à l'ESRA, je me demandais si je choisirai la réalisation ou la photographie de l'image. La réalisation, c'est le plus compliqué à atteindre... Mais si j'y arrive, c'est magnifique !
Pendant le tournage j'ai surtout appris énormément de choses sur la direction d'acteur. Dire aux comédiens vers quoi se diriger, vers quelle émotion. Il a aussi fallu gérer le temps de tournage. 28 jours, ce n'est pas énorme. Le projet a finalement été mené à bien, et mon producteur, Benoît Delépine, est content. C'est déjà un pari de gagné !


Cet été, vous av​ez aussi une sortie de court-métrage : Le Domaine des Etriqués, tourné en Bretagne ?


Oui je suis né à Saint-Malo, de parents finistériens, et je vis encore entre la Bretagne et Paris. Il y a ici de magnifiques décors. J'avais envie de plages, de grandes étendues, de décor rural. On a tourné cet hiver près de Douarnenez, dans le château du Guilguiffin et en Ille-et-Vilaine, dans une longère de Combourg. On s'en est bien sorti même si c'était au moment des tempêtes ; ça rend même plutôt joli à l'image !

Quel est le scénario cette fois ?

Encore une fois, ça parle de folie ! C'est un thème qui m'a toujours plu. L'histoire se passe dans un manoir qui fait office d'hôpital psychiatrique. Neuf patients y sont surveillés par un médecin... L'ambiance est moitié sombre, moitié joviale. A voir comment il sera reçu à sa sortie en festival, courant juillet.

Déjà d'autres projets ?​

C'est en train de se mettre tout doucement en place, peut-être un autre long-métrage. Je vais peut-être un peu m'éloigner du cinéma de Lynch, sombre et très étrange. Je croise les doigts !

Le Domaine des Etriqués, le court-Métrage d'Arnold de Parscau

 

Sur le même sujet

toute l'actu cinéma

Un procès pour essayer d'éclairer la mort de Clément Méric

Les + Lus