Suppression de poste à la rentrée à l'école de Douarnenez : des parents confinés mais en colère

Ils n'étaient pas nombreux devant l'école Victor Hugo de Douarnenez, mais en période de confinement, le geste reste fort. Une des six classes devrait disparaître à la rentrée prochaine. Les parents d'élèves tenaient à manifester leur mécontentement. Malgré et même surtout, à cause du confinement.

Furieux d'apprendre la fermeture d'une classe pour la rentrée prochaine, des parents d'élèves se sont retrouvés devant l'école Victor Hugo de Douarnenez (29)
Furieux d'apprendre la fermeture d'une classe pour la rentrée prochaine, des parents d'élèves se sont retrouvés devant l'école Victor Hugo de Douarnenez (29) © Pascal Hennequin

Apprendre la suppression d’un poste de professeur des écoles ne plaît jamais aux parents d'élèves. Mais en plein confinement, l'annonce les a mis en colère. Alors les parents d’élèves du groupe scolaire public "Victor Hugo-Marie Curie" de Douarnenez dans le Finistère ont décidé de se retrouver devant l’école Victor Hugo et de convoquer la presse. "Tout en respectant les gestes-barrière", sourient-ils.
 

Demande d'un moratoire sur les suppressions de postes dans le Finistère

Cette décision arrive en pleine période de confinement, alors que la situation est déjà anxiogène


Mathurin Peschet, membre de l'association des parents d'élèves (APE) ne comprend pas. Les enfants se demandent s'ils reverront la maîtresse de petite section, dont le poste est visé." L'association des parents d'élèves demande un moratoire sur les suppressions de postes dans le Finistère.

"Depuis quelques années, le nombre d'élèves baisse, explique Isabelle Chapalain, membre de l'APE. On est en ligne de mire, mais on voudrait un sursis d'une année pour se préparer." Avoir maintenu des suppressions de postes durant cette période de confinement, c'est également ce qui choque Olivier Cuzon, porte-parole du syndicat Sud Education dans le Finistère : "Les familles ne peuvent pas manifester et nous, syndicalistes ne pouvons pas faire correctement notre travail. D'habitude, nous allons sur le terrain nous rendre compte de la réalité. La démocratie sociale est baillonnée !"

Tout faire par téléphone n'a pas la même efficacité, affirme le syndicaliste qui participera ce mercredi, au comité technique spécial départemental (CTSD), en audioconférence, bien sûr ! C'est ce comité qui décidera justement des ouvertures et fermetures de postes dans le département pour la rentrée prochaine.

Bataille de chiffres


Les parents décrivent une équipe pédagogique soudée, soucieuse d'aider les enfants les plus en difficulté dans une école fière de sa mixité sociale. "Casser la dynamique d'équipe fera des dégâts, poursuit Isabelle Chapalain. L'enseignante, dont le poste est menacé, est là depuis 13 ans.

L'école Victor Hugo compte six classes de la petite section de maternelle au CE1. La fin de l'enseignement primaire est assurée à quelques centaines de mètres dans l'école Marie Curie, qui a perdu un poste l'an dernier. Pour la rentrée 2020, les parents d'élèves tablent sur 120 élèves à Victor Hugo quand l'inspection académique du Finistère en prévoit 113.
 

23 élèves par classe, c'est supportable,



C'est l'avis de l'inspectrice d'académie du Finistère, Caroline Lombardi-Pasquier. "Il y a des augmentations d'effectifs ailleurs dans le département, donc on déploie les moyens en fonction" dit-elle.

Au total, onze fermetures de classe et neuf ouvertures sont prévues dans le Finistère. Soit une perte nette de deux postes. Caroline Lombardi-Pasquier explique ces décisions par la démographie finistérienne : "Le département gagne des retraités mais voit le nombre d'enfants diminuer chaque année. A l'école publique, on perd environ 1000 élèves par an dans le premier degré (maternelle et primaire) et 500 dans le privé. Donc le taux d'encadrement s'améliore."
 

Les engagements du gouvernement


Mardi 7 avril, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, a annoncé la création de 1248 postes en primaire pour la rentrée prochaine. Ces postes s'ajoutent aux 440 déjà annoncés dans le budget 2020. Il s'agissait là d'exaucer la promesse faite par le ministre le 27 mars sur TF1, de ne fermer aucune classe en 2020 dans les communes de moins de 5000 habitants sans l'accord du maire. Douarnenez, qui en compte environ 14 000, n'est pas concernée par cet engagement du ministre.

En revanche, la déclaration du directeur général de l’enseignement scolaire, Edouard Geffray, à nos confrères du Monde il y a quelques jours devrait résonner aux oreilles des parents douarnenistes :  "Le principe est celui du consensus, au sortir d’une période d’effort collectif. Il s’agit de garantir les meilleures conditions pour les élèves à la rentrée, après une année perturbée," précisait-il .




















 
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