A Gouarec, les résidents britanniques soulagés mais amers après la fin de la quarantaine imposée

La quarantaine imposée en Grande-Bretagne aux voyageurs venant de France est suspendue depuis le 8 août. La France était classée "rouge", ce qui compliquait le retour au pays des résidents britanniques installés en France. En centre Bretagne, ils ont mal vécu cet épisode réglementaire.
Le couple Shaw accueille une famille de vacanciers dans son gîte à Gouarec, en centre Bretagne
Le couple Shaw accueille une famille de vacanciers dans son gîte à Gouarec, en centre Bretagne © M Thiébaut - FTV

Dans le plus britannique des villages bretons, on n'est jamais avare d'une plaisanterie entre voisins.  Mais ce qui ne fait pas sourire les habitants de Gouarec, dans les Côtes d'Armor, c'est la quarantaine qui leur était imposée, même vaccinés, par le gouvernement britannique s'ils devaient rentrer voir leur proche outre-Manche. 

Coûteuse quarantaine

Décidée le 28 juillet 2021, la quarantaine devait prévenir la diffusion du variant Beta, issu d'Afrique du Sud et circulant à la Réunion et à Mayotte. Mais cette coûteuse obligation, rester dans un hôtel pendant 5 à 10 jours après l'arrivée sur le sol britanique, a chamboulé les projets de visites familiales des Britanniques installés en Bretagne. "Nous avons besoin de voir nos enfants et petits-enfants", rappelle Paul, retraité anglais installé à Gouarec.  Avec la suppression de la quarantaine, il espère pouvoir retourner voir ses proches outre-Manche en septembre prochain.

Traverser des frontières sans certificat de vaccination exigé

Rentrant d'un voyage en camping car en Espagne et au Portugal, Paul a été surpris de pouvoir traverser plusieurs frontières sans que son certificat de vaccination ne lui soit demandé. Mais pour rentrer dans son pays, c'est une autre histoire. 

Eloignement familial

Pour certains Britanniques du village, l'assouplissement des obligations imposées aux voyageurs par leur gouvernement arrive trop tard pour envisager un voyage, avant la rentrée scolaire. Son fils dans les bras, une Ecossaise confie avoir le sentiment de s'éloigner de plus en plus de ses proches.

"J'ai une grande famille là-bas et ma soeur a eu un bébé. Il a maintenant un an et demi et je ne l'ai toujours pas vu. C'est vraiment dur pour nous."

Elizabeth, habitante écossaise du village de Gouarec

"Brexdemic"

Adrian, qui s'est installé à Gouarec il y a 5 ans pour y ouvrir un gîte avec son épouse Véronica, a vu la situation se dégrader concernant les Britanniques résidant en France.

"C'est plus compliqué que lorsque nous sommes arrivés en France, en 2016, à cause de la pandémie et du Brexit. J'ai vu qu'il y avait un nouveau mot : le Brexdemic"

Adrian Shaw, résidant anglais installé en Bretagne depuis 2016

Même supprimée, la quarantaine laisse un goût amer 

Dans son jardin arboré paré des plus éclatantes nuances de vert, celle qui pilote un structure regroupant 600 familles britanniques vient de terminer une réunion en visio avec ses adhérents. La présidente de l'Association Intégration Kreiz Breizh, Marilyn Le Moign, résume avec malice l'amertume des résidants britanniques en Bretagne.

"La plupart des participants à notre réunion ont dit qu'ils allaient rentrer voir leurs proches en Grande-Bretagne, mais ce ne sera pas pour voir Monsieur Boris Johnson. Ils ont plus qu'une dent contre lui."

Marilyn Le Moign, présidente de l'Association Intégration Kreiz Breizh

"Quel nouveau lapin va sortir de leur chapeau?"

Finalement, ce sont les Français résidant au Royaume-Unis qui se réjouissent le plus de la fin de la quarantaine. Elisabeth, Française résidant en Angleterre depuis 22 ans, va pouvoir prolonger ses vacances en Bretagne avec ses deux enfants scolarisés outre-Manche. "On va rentrer en Angleterre juste avant la rentrée des classes là-bas! Avec la quarantaine, on était obligé de rentrer 10 jours plus tôt, mais là, c'est mieux." Avant de se reprendre :"on est suspendu à notre téléphone pour consulter le site internet du gouvernement britannique, pour savoir quel nouveau lapin ils vont sortir de leur chapeau." 

A Gouarec, chacun s'attend à un nouveau rebondissement, à une nouvelle barrière empêchant de traverser la Manche.

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