COVID-19: le variant britannique majoritaire en Bretagne

Selon Santé Publique France, le variant britannique de la covid-19 est devenu majoritaire en Bretagne avec de grandes disparités selon les départements. Pour le professeur Revest, infectiologue à Rennes, il faut s'attendre à un mois de mars particulièrement difficile dans nos hôpitaux.

Un séquençage ou un criblage systématiques en cas de test PCR positif permettent de surveiller la progression des variants de la covid-19.
Un séquençage ou un criblage systématiques en cas de test PCR positif permettent de surveiller la progression des variants de la covid-19. © J.Philippon / Maxppp

C'est dans le Morbihan que le variant britannique à la covid-19 est le plus présent. Selon les derniers chiffres livrés par Santé Publique France pour la période allant du 9 au 15 février, la souche serait fortement suspectée d'être à l'origine de 63% des nouveaux cas positifs dans le département. En Ille-et-Vilaine, il a été détecté dans 59% des tests positifs; 46% dans les Côtes-d'Armor et 31,6% dans le Finistère.

 

La Bretagne parmi les régions les plus touchées

 

Malgré ces fortes disparités relevées d'un département à l'autre, il apparait que la souche britannique circule beaucoup plus en Bretagne (50% des cas) que dans le reste de la France (39,5%).

Sur les 94 départements français, 12 présenteraient une proportion supérieure à 50%.

 

© Santé Publique France, bulletin épidémiologique du 18 février 2021

 

Variants sud-africain et brésilien

 

Quant aux variants sud-africain et brésilien, cette part est de 2,7% en Ille-et-Vilaine et 4,8% dans le Morbihan, 5,3% au niveau national. Le nombre de cas dans les Côtes d’Armor et le Finistère est inférieur ou égal à 10.

 

© Santé Publique France, bulletin épidémiologique du 18 février 2021

 

Ces estimations reposent sur des tests PCR de criblage, qui permettent d'avoir une suspicion très élevée, certes, mais aucune certitude. Seul le séquençage permet d'affirmer de quelle souche il s'agit.

 

Le variant anglais introduit en Bretagne plus tôt

 

Selon le professeur Matthieu Revest, médecin infectiologue au CHU de Rennes et enseignant à Rennes 1, cette prédominance du variant anglais en Bretagne est certainement dûe à une introduction plus précoce dans notre région que dans le reste de la France. "La courbe exponentielle, qu'il empreinte, n'a rien de surprenant dans la mesure où il se diffuse depuis plus longtemps particulièrement dans le bassin rennais. Or ce variant est, on le sait, plus contagieux que la souche historique ce qui le rend plus compétitif. Il finit logiquement par prendre le dessus. Nous avons juste de l'avance sur les autres régions.

 

Faut-il s'en inquiéter ?

 

Il y a deux niveaux de réponse: non, sur le plan individuel, oui sur le plan collectif.

Plus contagieux, le variant britannique n'est pas plus grave. "Quelqu'un qui est contaminé a tout autant de chance d'en guérir que s'il a été touché par l'autre souche.

En revanche, qui dit plus contagieux dit aussi un plus grand nombre de malades et, proportionnellement, davantage de malades hospitalisés. "Sur le plan de la population, on s'attend à un afflux de patients covid dans les hôpitaux bretons et particulièrement rennais d'ici fin février - courant mars", s'inquiète Matthieu Revest. "Nos services sont déjà sous tension avec un personnel soignant admirable mais exténué. Il nous reste encore quelques places mais c'est aussi parce qu'on en créée en déprogrammant des intrventions chirurgicales pour libérer des lits."

Autant dire que, plus que jamais, il convient de ne pas baisser la garde et de veiller à maintenir les gestes barrière. Faute de quoi la Bretagne se prépare à des semaines difficiles.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société coronavirus/covid-19