• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Le chapiteau, la piste au étoile, le plateau de théâtre, la scène, c'est ce qui est offert au public. Mais au-delà du spectacle, de la représentation ou du concert, il y des collectifs artistiques, qui sont autant de lieux de création, d'invention, mais aussi souvent des espaces de vie, de croisement, de partage. De Vannes à Lannion, en passant par Saint-Brieuc et Rennes, rencontre à travers la Bretagne, avec plusieurs de ces troupes, avec l'idée de saisir comment elles fonctionnent, comment on travaille en groupe, comment on crée ensemble. 
 

Escale sur l'îlot Dromesko


Pour arriver chez Igor et Lili, il faut franchir la palissade, enserrée au milieu des immeubles. Le quartier s'est un peu construit autour du campement, qui s'est installé-là, à la fin des années 90. Une enclave presque champêtre au milieu de la ville. Le Théâtre Dromesko vient de fêter ses 20 ans à St-Jacques de la Lande, près de Rennes, l'occasion d'ouvrir la porte. D'une volière à leurs débuts, Igor et Lili, nomades dans l'âme, sont passés à la baraque et au campement, à la fois lieu de vie et de création. "C'est bien d'avoir un port d'attache, explique le maître des lieux, même quand les bateaux sont partis, quand on est en tournée, c'est un endroit qui vit, et auquel on vient se coller quand on revient !" D'ailleurs pas moins d'une cinquantaine de compagnies y ont été accueillies au cours de l'année 2018.

Je suis fier de faire partie de cette famille magnifique !

L'endroit, est comme une grande longère typique du pays de Rennes, et là, hormis la baraque, qui fait office de théâtre, le lieu principal c'est la cuisine. Tout le monde s'y croise dans un joyeux foutoir, enfants, amis de toujours, artistes, cuisiniers suisses, musiciens hongrois. Une grande tablée, ça rit, ça s'invective, ça mange, ça parle fort. La vie quoi ! A table comme sur scène. Quelques pas plus loin, c'est la chambre de Révaz Matchabeli, musicien géorgien, indéfectible de la compagnie... avec l'archet de son violoncelle, il vient de suspendre l'instant, pendant que les enfants tapent dans la balle dehors. "C'est la vie ici, et elle est agréablissime. C'est une famille  et je suis fier de faire partie de cette famille magnifique !" s'exclame le violonceliste géorgien.
 
La baraque du théâtre Dromesko / © Krystel Veillard - France 3 Bretagne
La baraque du théâtre Dromesko / © Krystel Veillard - France 3 Bretagne

La scène dans la baraque, juste à côté, n'a rien d'une estrade, elle est située en bas, au milieu des gradins. "La vie c'est ce qui inspire tout ce qu'est le théâtre, il ne se nourrit que de ça, de l'amour, de la haine, de l'argent, de la pluie, du beau temps, confie encore Igor. J'aime bien quand ça ne s'efface pas, surtout avec le langage de Dromesko qui est très dans l'absurde et pas dans le réalisme. Et puis tout à coup tu as la réalité qui vient se frotter à ça. On est sans arrêt dans une porosité entre la fiction et la réalité.

De toute façon, le théâtre, c'est mentir pour dire la vérité !

Et on vit ça naturellement" ajoute Igor, dont les deux filles, Fanny et Zina, ont rejoint la compagnie de leur parents, l'une danse dans les spectacles, la seconde y assure la lumière.
 
A la fin du spectacle, artistes et public, tous se retrouvent sur scène... autour d'un verre / © Krystel Veillard - France 3 Bretagne
A la fin du spectacle, artistes et public, tous se retrouvent sur scène... autour d'un verre / © Krystel Veillard - France 3 Bretagne

La vie, la création, le théâtre... les spectacles sont chaque fois offerts à un public rennais toujours très fidèle. Une troupe composée de complices de longue date, où chacun apporte ce qu'il est, confirme Violeta, danseuse espagnole de la troupe : "Les Dromesko, c’est un bout de vie. Moi je n'ai pas l’impression d'aller travailler, même si c'est mon métier et que je suis payée pour ça, mais pour moi, je viens les accompagner, à porter ce qu’ils ont envie. Moi je sens comme une machinerie, tu es une partie de l'engrenage, et sans toi ça ne peut pas fonctionner, mais ça n'est pas que toi. C'est comme un puzzle et il marche parce qu'on est tous là-dedans. Pour moi c'est vraiment la vie et je viens vivre avec eux. »

 

La compagnie Ocus a posé valises et chapiteau à Saint-Germain-sur-Ille


L'idée d'itinérance, on la retrouve avec la Compagnie OCUS. Cette quinzaine d'artistes a formé un collectif en 2003. Depuis 2013, ils ont posé valises et chapiteau à Saint-Germain-sur-Ille au nord de Rennes. Un ancrage dans un territoire, pour se confronter au public, construire des liens forts avec la population, mais qui ne les empêchent pas de reprendre la route très régulièrement pour des tournées ou des incursions plus longues sur d'autres terres.
 
La Compagnie Ocus, avec les géants d"'Exquise Humlanité" à Saint-Germain-sur-Ille (35) / © Krystel Veillard - France 3 Bretagne
La Compagnie Ocus, avec les géants d"'Exquise Humlanité" à Saint-Germain-sur-Ille (35) / © Krystel Veillard - France 3 Bretagne

Dans le département du Nord cette saison par exemple, avec l'aventure "Exquise Humanité", un projet participatif, qui a donné lieu à la création de ces géants.  Quatorze immenses marionnettes fabriquées avec la participation des habitants et à partir de leur photo. Des personnages, qui sont le cœur du spectacle, "On a essayé d'aller chercher ce qui était exquis dans l'humanité de ces gens, qui habitent dans le nord. A travers des ateliers, on a essayé de construire des figures, et elles ont chacune une voix intérieure, une petite musique qui leur trotte dans la tête", explique Claire Laurent, comédienne, qui indique encore que pour ce qui est de la compagnie 

On est vraiment sur un côté famille choisie, en ce temps qui nous poussent à l'individualisme et au chacun chez soi

"on a plus que jamais envie d'arriver, de jouer des spectacles quelque part avec aussi un certain regard sur le monde", poursuit la comédienne, "une manière d'arriver quelque part, et du coup avec une famille soudée, qui vit ensemble depuis longtemps, qui vit du quotidien et qui invite les gens à s'intégrer la-dedans, dans notre chapiteau, puisque c'est un peu notre port d'attache, qu'on trimballe dans les tournées."
 
La création en Bretagne, le collectif de théâtre
Une série de Krystel Veillard, Pascal Cosset, Vincent Surrault, Tanguy Descamps et Martial Le Carrour - Reportage à Saint-Jacques-de-la-Lande (35) - Interviews : Revaz Matchabeli, violoncelliste géorgien - Igor, musicien, comédien, metteur en scène - Violeta Todo-Gonzales, danseuse espagnole - Lili, comédienne, chanteuse - Invités : Claire Laurent et Yann-Sylvère Le Gall, Compagnie Ocus, Optimiste Créatrice d'Utopies Spectaculaires à Saint-Germain-sur-Ille (35) - Archives : 1963

 

La danse, invitation au voyage spatial et temporel


Cinq danseurs, sur une musique électronique, rythmée, prenante, interprétée par le batteur Franck Richard. Les corps avancent, s'élancent, les mouvements sont saccadés, il y a à la fois quelque chose d'animal dans leur façon de bouger mais aussi de presque robotique. Livrés à eux même, perdus et aussi très coordonnés, sous la houlette du chorégraphe-danseur Franck Guiblin. Elsa, Émilien Nicolas enchaînent les séquences... s'arrêtent, modifient, recommencent. Ils reprennent la chorégraphie de Transhumans créé en 2016. Un spectacle, entre l'énergie du hip hop et une écriture très contemporaine, marqué par l'univers de la SF et notamment le film "Mad Max" de George Miller. Un "univers à la fois technologique et organique" explique le chorégraphe. "Transhumans est un voyage intemporel dans un univers post- apocalyptique dans un futur ou un passé indéfini".

Tout le travail qui se fait en création, c'est à la fois de trouver une unité, tout en laissant les danseurs exprimer leurs singularités.  

note encore Franck. Hip Hop, danse contemporaine, ces danseurs de la Compagnie Arenthan de Saint-Brieuc, viennent en effet tous d'horizons très différents.
 
Transhumans par la compagnie Arenthan de Saint-Brieuc / © Paulic
Transhumans par la compagnie Arenthan de Saint-Brieuc / © Paulic

Inviter le public à danser

Changement d'univers, avec la répétition du Bal du Tout monde imaginé par la chorégraphe Marie Houdin du collectif rennais Engrenage(s), véritable invitation à faire bouger le public. Dans la salle du CCNRB, ils sont quatre danseurs, avec DJ Freshhh. Il y a là, Vanessa, pour ses influences cubaines, le Nantais Gabriel, originaire d'Afrique, qui balance entre danse contemporaine et hip hop, Andrege, plutôt funk, lui. Et puis Marie donc, à l'initiative du voyage.

Un embarquement pour un périple à travers des histoires humaines. C'est la dimension sociale des danses, leur transmission, leur réinvention qui touchent la chorégraphe. Ces danses qu'elle a notamment ramenées de ses voyages. « Ces danses sont nées aux Amériques, dans la Caraïbe, souligne t-elle c'est le résultat qu'on ne pouvait pas prévoir de la mise en contact de cultures, qui se sont rencontrées dans des contextes aussi violents que la traite transatlantique, et des cultures qui sont aussi le résultat des résiliences des populations là-bas.

C'est cette dimension improvisée et improbable qui me fascine et m'intéresse dans ces danses.

Et c'est ce qui m'a happé je pense au départ dans les danses hip hop. » 

Pour Marie, ça n'est pas difficile de faire danser les gens dans l'espace public, même si elle observe qu'« En France les gens se définisssent comme non danseurs, ils sont intimidés, c'est une tradition qu'on a perdue (...) pour autant dès qu’on met une musique, qui appelle à la danse, c’est irrésistible pour tous les corps. Ça commence par un tout petit tressaillement, un petit hochement de tête, un sourire, bref et donc en fait ce qui est irrésistible, c’est ce qui est la porte d’entrée pour nous. Pour moi c'est la notion de groove, c'est ça qu'on a en commun, cette circulation dans le corps, qui peut onduler, qui peut vibrer, qui peut aller et venir, mais en tout cas qui nous relie tous les uns aux autres et à la musique et qui relie nos corps à notre ancrage, à la terre et au ciel ! »

Le Bal du Tout Monde a emballé le public angevin du festival Accroche-Coeur au mois de septembre 2018. Il est à nouveau prêt à décoller pour encore faire grimper la chaleur estivale...

Nous pourrons le retrouver, au festival Extension Sauvage à Combourg le 28 juin puis au festival Le Funk prend les Rennes, le 6 octobre.
 
La création en Bretagne, le compagnie de danse
Une série de Krystel Veillard, Pascal Cosset, Vincent Surrault, Tanguy Descamps et Martial Le Carrour - Reportage à Rennes (35) - Interviews : Marie Houdin,  danseuse - chorégraphe - collectif Engrenage(s) - Gabriel Umtegue, danseur - Invité : Franck Guiblin, chorégraphe Compagnie Arenthan de Saint-Brieuc (22) - Extrait du spectacle Transhumans : images Nicolas Charles - Archives : 1963

 

Le cirque, pour "habiter les hauteurs"


Place au cirque, avec le très européen Collectif Sous le Manteau, basé à Rennes. Le groupe est né en 2016, à partir d'une équipe très cosmopolite, de Breton,  Norvègien, Danois, Néerlandais, Belge, et Portugais, sept acrobates issus des plus grandes écoles de cirque d’Europe. « Notre collectif s’est construit sur l’idée de différence, une façon de lutter contre l’individualisme croissant. On a donc décidé de choisir les gens en fonction de leurs différences, dans ce groupe, on a six nationalités différentes, de toute l'Europe, mais aussi six écoles et formations différentes » explique Valia Beauvieux, l'un d'eux. 

Ces artistes circassiens ont fait du mât chinois, discipline traditionnelle chinoise, habituellement solitaire dans le cirque contemporain, leur spécialité. Mais pour eux c'était forcément en groupe. Voir évoluer filles, comme garçons, dans les airs, a quelque chose de profondément réjouissant pour les terriens que nous sommes. Car eux se jouent littéralement de la loi de la gravité. C'est aérien et beau tout simplement. "On a décidé d’habiter les hauteurs, poursuit Valia, "donc on commence à jouer à six mètres de haut, à sauter de plate-forme en plate-forme, à construire des actions et des réactions et c’est un peu ce qui compose Monstro, notre première création (...) Cette forêt de mâts nous permet de travailler l’horizontalité, en général on est coincé par la verticalité, du fait de la gravité et là le fait d'avoir des mâts multiples, nous permet de nous déplacer autrement.

Le grand collectif, c'est l’idée de créer un nouveau jonglage humain.

Mais dans Monstro, il y a l'idée du monstre, celui qui est en chacun d'entre nous, le monstre qui est notre égo... 
 
Le Collectif Sous le Manteau en répétition au théâtre de Vannes / © Krystel Veillard - France 3 Bretagne
Le Collectif Sous le Manteau en répétition au théâtre de Vannes / © Krystel Veillard - France 3 Bretagne

Un engin qui tourne, avec un son de batterie en fond. Deux roues qui forment comme un balancier et à l'intérieur, Miku, circassienne finlandaise. Elle marche, la roue tourne et tout semble simple et naturel. Le cirque Galapiat de Langueux, a installé pour quelques semaines son chapiteau dans les quartiers Ar Santé et Les Fontaines à Lannion, dans les Côtes d'Armor. Une douzaine d'artistes et techniciens, se sont donnés pour mission d'ouvrir la piste aux habitants, d'organiser des ateliers à partir de cette drôle de machine... la roue de la mort.

Finlandais, Mexicains, Français, ces acrobates de cirque passent leurs journées, là au cœur des immeubles, prenant leur repas dans une salle du quartier. Moment de pause, d'échanges, de rencontre aussi avec les gens du coin, avant de rejoindre leur lieu de travail. Des groupes d'enfants passent et s'arrêtent dans la journée pour découvrir ce qui se passe sous le chapiteau. Si certains des acrobates de l'équipe connaissent déjà l'agréé, pour d'autres c'est une découverte. Tous tentent, testent, expérimentent. Car ce mois passé à Lannion est aussi l'occasion pour eux de poser quelques bases pour la création d'un futur spectacle. "On a fait plein de tests, on a beaucoup d'idées, mais on ne peut pas tout mettre dans un spectacle. Pour l'instant c'est vraiment très ouvert, et on fait des expériences à chaque fois. Là c'est un petit groupe, qui présente quelque chose mais la prochaine fois ce sera tous ensemble. Ça change, c'est ça qui est bien, ça nous permet d'essayer, de mettre de côté de nouvelles choses..."

à la fin on a toutes ces petites petites boîtes, avec ces idées qu'on peut piocher

Pour Elice tout est encore à écrire et à construire, elle imagine déjà deux spectacles très différents autour de la roue, l'un sur terre et un autre sur la grève à marée basse, avant que la mer ne remonte... Des créations pour l'année prochaine ou la suivante. Mais nous on a déjà envie de prendre date !
 
La création en Bretagne : troupe circassienne
Une série de Krystel Veillard, Pascal Cosset, Vincent Surrault, Tanguy Descamps et Martial Le Carrour - Reportage à Lannion (22) - Interviews : Odilon Pindat,  acrobate du cirque Galapiat - Elice Abonce Muhonen, acrobate et musicienne, artiste fondatrice du cirque Galapiat - Invité : Valia Beauvieux, acrobate du Collectif Sous le Manteau - Archives : 1965 et 1966

 

"La musique le vecteur pour rendre les gens heureux !"


Ce sont des voix, c'est la première chose que l'on entend. Ça swingue et ça donne envie de faire partie du groupe. Ils sont une cinquantaine de chanteurs amateurs avec quelques musiciens professionnels. Rencontre à Binic, dans les Côtes d'Armor, avec le big band vocal Couleur Jazz, en pleine répétition, emmené par son vibrionnant directeur artistique Jean Zimmermann, qui déclare : "j’aime la musique, c’est le vecteur pour rendre les gens heureux !" Et c'est vrai qu'ils ont l'air heureux d'être ensemble, de chanter, de partager ce moment.

C’est très intime d’oser chanter, c’est pas évident  

confie encore Jean Zimmermann. Le chant est manifestement une discipline, un art, qui rapproche les gens. Le "Big Bang" comme l'appelle son directeur artistique a traversé des bonheurs et des coups durs depuis une quinzaine d'années qu'il existe. Et le groupe est important dans ces moments-là aussi, expliquent les chanteurs.  
 
La fanfare rennaise Ooz Band au festival Jazz sous les pommiers à Coutances (50) / © Krystel Veillard - France 3 Bretagne
La fanfare rennaise Ooz Band au festival Jazz sous les pommiers à Coutances (50) / © Krystel Veillard - France 3 Bretagne


Ce vendredi après-midi-là, à Saint-Denis-le-Vêtu, petit village de la Manche, c'est presque l'heure de la sortie des classes. De drôles d'olibrius sont en pleine métamorphose. Ils enfilent leur accoutrement noir et or, un peu sortis de nul part. Avec leurs instruments, guitare, percus et cuivres revisités, les huit complices n'ont pas l'intention de passer inaperçu. C'est l'ouverture du festival Jazz sous les Pommiers. Et manifestement, ils sont là pour embarquer le public, les parents, les enfants, les habitants dans un groove, bien de leur cru... fait pour gigoter ! Les influences sont larges, entre hip hop, musique afro-américaine, des Caraïbes, ou des Balkans... le tout c'est que ça sonne, et que ça donne à tous des fourmis dans les jambes. Ooz Band c'est son nom, est une fanfare née à Rennes en 2010. Un groupe de potes étudiants, qui prenait plaisir à jouer ensemble et qui aujourd'hui crée une musique faite aussi, pour être regardée...

Ooz Band a sorti "Oozième act", son 2e album à l'automne 2018. La fanfare sera à Rennes pour la fête de la musique, ce 21 juin (Bar les Grands Gamins), au Festival Les Mystères de l'Ouest à Belle-Ile-en-mer les 30 et 31 juillet puis à la Fête du chant de marin à Paimpol  du 2 au 4 août.
 
La création en Bretagne : les groupes musicaux
Une série de Krystel Veillard, Pascal Cosset, Vincent Surrault, Tanguy Descamps et Martial Le Carrour - Invité : Jean Zimmermann, directeur artistique de Couleur Jazz à Binic (22) - Archives : 1969 - Reportage à Saint-Denis-le-Vêtu (50) - Interviews : Maël Morel, sax-baryton Ooz Band - Lucas Elzière, trompettiste Ooz Band.