Alerte goélands : les associations informent sur les risques d'intimidations des oiseaux marins

Des habitants et des touristes ciblés par des attaques de goélands à Saint-Malo, à Saint-Brieuc ou encore dans le sud Finistère. Depuis quelques jours, les poussins goélands sortent de leur nid pour les premiers envols. Une période pendant laquelle les parents sont très protecteurs et n'hésitent pas à foncer sur les humains à proximité. Les associations donnent des conseils pour une bonne cohabitation entre l'homme et l'oiseau marin.

"Nous commençons à recevoir des appels de gens qui sont ciblés par des vols en piqué de goélands. Mais il ne s'agit pas d'attaque. Les oiseaux adultes protègent seulement leurs petits." témoigne Quentin Beyria, salarié de l'association LPO-Bretagne. Saint-Malo, Saint-Brieuc et de nombreuses villes côtières du sud Finistère sont concernées car, à partir de début juillet, les poussins goélands commencent à sortir des nids pour les premiers envols. Une période sous très haute surveillance de la part des goélands adultes qui n'hésitent pas à foncer sur les riverains ou les touristes de passage pour protéger leurs petits.

Parapluie contre goéland

A Chateaulin, l'été dernier, Florence Bordelet, la gérante du bar "L'Aulne" a dû trouver une riposte. Pour repousser les oiseaux qui nichaient sur son toit et se montraient parfois agressifs, elle ouvrait un parapluie pour protéger ses clients à la sortie du commerce. "Cette année, c'est encore d'actualité avec les goélands mais heureusement ils se sont un peu décalés dans une rue voisine. Les habitants me disent que les oiseaux refont la même chose

Le goéland commun ou encore le goéland argenté, des espèces de plus en plus présentes dans les centres-villes mais aussi sur les ports ou les zones industrielles des communes du littoral breton. Des endroits où les oiseaux marins ne rencontrent aucun prédateur naturel et où la nourriture est toujours présente à cause des déchets ou des poubelles accessibles pour les volatiles.

De l'huile végétale pour stériliser les oeufs

Maxime L'Hortis

cordiste

Alors de nombreuses villes ont décidé de financer des opérations de stérilisations des œufs de goélands. Comme c'est le cas à Pont-Labbé depuis 2003. Grimpé sur le toit du lycée de la commune, Maxime L'Hostis, cordiste pour une société spécialisée, vient de repérer deux nids avec trois œufs. Il a l'interdiction d'intervenir sur la vie des adultes goélands qui sont des oiseaux protégés. Vaporisateur en main, sa mission consiste à enduire les coquilles d'un produit à base d'huile végétale. "En fait, les œufs ont besoin de respirer. Et là on vient stopper la respiration de l'œuf et du fœtus. Ça empêche le développement et ils ne vont pas éclore." Ce jour-là, 25 nids sont traités sur les toits de l'établissement scolaire.

D'autres communes ont, au contraire, décidé de renoncer à cette stérilisation et de privilégier la cohabitation entre l'homme et l'oiseau dont la population en Bretagne est passée de 61000 couples à 30000 en 30 ans. C'est le cas à Douarnenez. Dans la commune littorale de 14000 habitants, depuis trois ans, des campagnes d'informations sont menées. Des panneaux ont été installés pour informer sur les bonnes pratiques comme ne pas nourrir les oiseaux, ne pas les capturer, les déplacer ou encore ne pas s'en approcher.

 

 Et avec l'arrivée de nombreux vacanciers, des flyers en français et en anglais sont distribués dans les campings, hôtels par l'association Ystopia pour éviter les prises de bec entre estivants et oiseaux locaux.

"Nous faisons de la sensibilisation l'été notamment car les touristes de passage vont vouloir s'approcher des oiseaux sauvages, les prendre en photos ou encore ramasser les petits tombés au sol. Il y a des bonnes pratiques à connaître."

L'association Ystopia prodigue aussi des conseils aux habitants de la ville. Comme ne pas laisser traîner des déchets alimentaires ou encore l'installation d'élingues métalliques (sortes de câbles) sur les toits et de grilles dans les gouttières pour éviter l'installation de nids.

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