Guerre des mines : Thales présente à Brest un système de drones innovant

Un drone de surface sous la forme d'une petite vedette présenté à Brest / © France 3 Bretagne
Un drone de surface sous la forme d'une petite vedette présenté à Brest / © France 3 Bretagne

Le groupe Thales a présenté vendredi 7 juin à Brest un système particulièrement innovant de drones de surface et sous-marins destiné à la lutte contre les mines marines, et développé dans le cadre d'un programme franco-britannique.

Par E.C avec AFP


"C'est la première fois au monde qu'on est capables d'opérer à distance des moyens de détection, classification et localisation de mines sous l'eau, et éventuellement de les détruire", a expliqué à l'AFP Antoine Caput, directeur du programme MMCM (Maritime mine counter measures) pour le groupe Thales lors d'une démonstration dans la rade de Brest. Un drone de surface de 12 mètres de long, ressemblant à une petite vedette, déploie depuis sa plage arrière un engin téléopéré et équipé de senseurs capables de générer une grande quantité de données. Le sonar glisse dans l'eau avant de se laisser tracter puis de plonger pour aller recueillir des données dans les fonds marins.

L'ensemble du système est opéré depuis un centre installé dans les bâtiments du groupe à Brest. Les données fournies par le sonar y sont reçues en temps réel. Le dispositif se compose également d'un robot téléopéré (ROV) capable d'être mis en oeuvre depuis le drone de surface pour aller détruire une mine. Le programme franco-britannique MMCM a été conclu en mars 2015. Thales est chargé, avec ses partenaires dont le suédois SAAB et le groupe français de robotique ECA (Groupe Gorgé), de développer ces dispositifs encore au stade de prototypes.
 

"Il s'agit de développer une solution dronisée afin d'exposer le moins possible, voire pas du tout, les marins, tout en augmentant de façon importante les performances de détection et de neutralisation des menaces, ainsi que de réduire les coûts opérationnels", a précisé Antoine Caput. Le contrat prévoit la livraison d'un exemplaire du système à chacune des marines, française et britannique, en avril 2020. Elles auront ensuite deux ans pour les tester. "Nous sommes très confiants et ambitieux pour la suite", a glissé dans un sourire Antoine Caput, en référence à d'éventuelles futures commandes. 

"Les moyens de lutte contre les mines marines existants, particulièrement dans le cas de la France, sont dans une phase d'obsolescence, c'est à dire qu'ils vont devoir être remplacés", a-t-il expliqué, évoquant des chasseurs de mine d'environ 35 mètres de long embarquant quelque 25 marins. 
   

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