• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Brest: ils surveillent le ciel depuis le Finistère

Le Centre en-route de navigation aérienne de Loperhet surveille des milliers d'avions chaque jour. / © Carole Collinet-Appéré/FTV
Le Centre en-route de navigation aérienne de Loperhet surveille des milliers d'avions chaque jour. / © Carole Collinet-Appéré/FTV

Dans les airs, un avion ne vole pas n'importe où. Ni quand il veut. Ce sont les contrôleurs aériens qui décident. Pour gérer cette circulation, cinq centres existent en France. Celui de Loperhet, à côté de Brest (Finistère), gère toute la zone ouest/Atlantique de la France.

Par Carole Collinet-Appéré


Ce qui frappe le plus en entrant dans la salle de contrôle, c'est le silence. Et les lumières tamisées. Une atmosphère feutrée, entrecoupée, par instant, de chuchotements et des grésillements d'une communication radio. Les yeux rivés à leurs écrans, les contrôleurs aériens scrutent le trafic des avions 24 heures sur 24.

"Nous gérons une zone de 400.000 km2, soit 40 % de l'espace aérien délégué à la France métropolitaine, explique Emmanuel Jacquemin, chef du Centre en-route de navigation aérienne Ouest (CRNA). On utilise 17 radars pour cette surveillance, dont trois sont en Espagne et deux autres en Irlande".
Le contact est permanent entre les contrôleurs au sol et les avions. / © Loïc Blache/FTV
Le contact est permanent entre les contrôleurs au sol et les avions. / © Loïc Blache/FTV

Le CRNA, plus connu sous l'appellation "Radar de Bretagne", est installé à Loperhet, à quelques encablures de Brest. Il est l'un des cinq centres français chargés de réguler la circulation des avions. Ses 22.000 m2 d'installations sont entièrement dédiés à ce qui se passe dans le ciel.


Garder son sang-froid


Imaginez, là-haut, une multitude de routes et autoroutes où se croisent des milliers d'avions chaque jour. Tout repose sur les épaules des contrôleurs aériens : ils donnent le cap, la vitesse et l'altitude à respecter. Ils peuvent accélérer le trafic, comme le ralentir si besoin. Sans leur feu vert, aucun avion ne peut décoller. "On doit assurer des espacements de cinq nautiques ou 1000 pieds entre les avions, précise Sébastien Brondel, responsable des flux aériens. On écrête le trafic pour garantir le niveau de sécurité. On assigne des heures de départ aux avions, on leur donne des créneaux".

Pour être contrôleur aérien, outre trois ans à l'Ecole nationale de l'aviation civile suivis de deux autres années de formation, il faut avoir un mental solide et savoir garder son sang-froid. Ces ingénieurs y sont préparés, longuement. Ils sont suivis de près, tout au long de leur carrière. "Notre métier exige les mêmes responsabilités que dans un cockpit. D'ailleurs les contrôleurs travaillent toujours en binôme, souligne Sébastien Brondel. Le stress, nous devons le gérer et nous savons le faire. Les discussions dans les équipes aident beaucoup et sont riches. Chacun partage son expérience et c'est important".

Nous avons géré plus d'un million de vols en 2017

Ces trente dernières années, le trafic aérien a été mulitplié par quatre. "On a constaté une hausse de 18 % du trafic entre 2015 et 2018, note le responsable du CRNA-Ouest. La péninsule ibérique est devenue une destination très prisée et c'est une zone de passage qui nous est dévolue"

 

L'été en pointe

En mai dernier, la finale de la Ligue des Champions a même généré une surveillance de 1500 vols supplémentaires sur une semaine. Deux équipes anglaises de football et leurs supporters en direction de Madrid, c'est carton plein pour les contrôleurs aériens de Loperhet !

"Toutefois, indique Emmanuel Jacquemin, notre record absolu sur une journée, c'était le 21 juillet 2018. Nous avons traité 4016 vols ce jour-là". Juillet, dans les airs, c'est un peu comme l'autoroute du Soleil : encombré ! "Notre centre est assez saisonnier, rappelle son responsable. Les pointes de travail sont surtout en juillet, c'est vrai".
 

Le radar de Bretagne a été construit en 1968. / © Carole Collinet-Appéré/FTV
Le radar de Bretagne a été construit en 1968. / © Carole Collinet-Appéré/FTV

76 % des vols surveillés par le radar de Bretagne sont intra-européens, 13 % sont "intérieurs", autrement dit à destination de Brest, Nantes ou Rennes. Les 11 % restants sont transatlantiques. Dans la salle de contrôle, la concentration des équipes est à la mesure du seul objectif qui les anime : la sécurité des passagers.
 

Le CRNA-Ouest en chiffres

1968 : Construction du radar à Loperhet
1976 : Le site devient centre de contrôle civil

486 agents y travaillent dont :
- 337 ingénieurs navigation aérienne
- 65 ingénieurs électroniciens
- 38 techniciens supérieurs
- 15 ouvriers d'Etat

Le CRNA-Ouest abrite aussi des personnels militaires (Armée de l'Air et Marine nationale)

Et pour se rendre compte du trafic aérien en temps réel, c'est ici :
https://www.flightradar24.com/51,-2/6

 

Sur le même sujet

Interview François Floret

Les + Lus