Le Marion Dufresne emploie des Malgaches à bas coût

Le transport maritime est sans doute l'un des secteurs où les travailleurs "low cost" sont les plus nombreux. Même le Marion Dufresne n'échappe pas à la règle. Il a remplacé une partie de son équipage français par des marins roumains et malgaches, pour lesquels le droit du travail ne s'applique pas.

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Alors que des députés dressent un "état des lieux inquiétant" de la situation des travailleurs détachés en Europe, la CGT Marins dénonce l'embauche à bord du Marion Dufresne, de marins roumains et malgaches qui sont moins payés que les marins français. La bateau est en escale à Brest depuis 15 jours et la CGT des marins en a profité pour monter à bord et rencontrer les membres d'équipage. Ce qui a permis de mettre au jour que depuis 2010, les salaires des marins malgaches ont été revus à la baisse. Au lieu d'être rémunérés selon leur spécialité, ils sont désormais tous considérés comme simples matelots. Certains d'entre eux ont ainsi perdu plus de 300 euros par mois par rapport à leur contrat initial. Leur salaire aujourd'hui dépasse à peine les 1000 euros.

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Ces différences de traitement entre marins sont possibles parce que le Marion Dufresne est immatriculé au registre international français, qui permet aux armateurs français d'employer 65% de main d'oeuvre non européenne, rémunérée aux conditions du pays d'origine, et qui ne bénéficie pas du droit du travail français.

Le Marion Dufresne apparient aux Terres Australes et Antarctiques Françaises et est armé par la CMA CGM (avec un équipage franco-malgache —13 français dont six officiers). C'est un navire ravitailleur des îles australes (Crozet, Kerguelen, Amsterdam, Saint-Paul). 
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