« Mon corps, mon choix », entre 350 et 400 personnes ont défilé à Brest pour défendre le droit à l’avortement.

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Écrit par et Florence Malesieux

La décision de la Cour suprême américaine de révoquer le caractère constitutionnel du droit à l’avortement suscite l’indignation notamment en France. Ce samedi, à Brest, comme dans de nombreuses autres villes, une manifestation était organisée pour défendre ce droit fondamental.

C’est une foule bigarrée qui s’est retrouvée, ce samedi 2 juillet, place de la liberté à Brest.

Des femmes, beaucoup de jeunes femmes et des hommes aussi, ont répondu à l’appel du planning familial de Brest. Toutes et tous sont venus dire leur attachement au droit à l’interruption volontaire de grossesse mais ils et elles sont surtout venus alerter sur le risque de voir l’accès à l’IVG remis en cause en France, comme cela vient d’être le cas aux Etats Unis.

Stupeur et tremblement

"Ce qui se passe est grave, nous sommes furieuses et tristes" s'exclament Sterenn et Laurie, deux manifestantes. Les deux jeunes femmes sont venues soutenir les femmes américaines mais aussi faire part de leurs inquiétudes sur la situation en France. Car, selon elles, les actes ne suivent pas toujours les discours. "C’est important de ne pas se reposer sur des lauriers, car les femmes ne sont toujours pas respectées. Il y a encore trop d’affaires de viols qui restent impunies, et même au gouvernement. Pourtant, Macron avait promis de punir les violences faites aux femmes." dénonce Laurie.

"Rien n’est jamais acquis", estime également Olivier Cuzon, membre du planning familial de Brest. "C’est important d’inscrire ce droit dans la constitution et ainsi de nous mettre à l’abri d’un pouvoir réactionnaire" déclare le militant.

L'arrivée de nombreux députés d'extrême droite à l'Assemblée nationale attise, en effet, les peurs.

"On sait que ça peut arriver ici, nous sommes inquiètes. L’arrivée de l’extrême-droite, avec l’élection récente de 89 députés du Rassemblement National, constitue une menace pour nous" pense Adeline Szekely, du collectif Nous toutes.

En France, l'accès à l'IVG reste parfois difficile

En France on estime qu'une femme sur trois a eu ou aura recours à un IVG au cours de sa vie. Un chiffre qui donne à réfléchir, car si l’avortement est légalisé depuis 1975, "son accès se heurte encore à de nombreux obstacles" explique le planning familial.

Depuis 15 ans, 130 centres pratiquant l'IVG ont fermé dans notre pays, obligeant les femmes des territoires les plus éloignés à parcourir toujours plus de kilomètres. On comprend aisément que l'accès à un centre pratiquant des IVG est particulièrement compliqué pour les femmes mineures et sans véhicule.

Les militants et militantes du planning familial constatent par ailleurs que les délais pour obtenir un rendez-vous doublent en période estivale, et passent de 10 à 20 jours en moyenne.

Garantir ce droit sous peine de faire de nombreuses victimes

Parmi les manifestants les propositions des politiques visant à inscrire le droit à l'avortement dans la constitution est très favorablement accueilli.

Car si le droit à l'IVG était remis en cause, cela n'empêcherait pas les femmes d'avorter. Les conséquences seraient alors d'accentuer les inégalités de classes, entre les femmes qui pourront payer pour se rendre dans un pays autorisant l’avortement et celles qui ne le peuvent pas. Et pour celles qui ne le peuvent pas, il ne restera que la clandestinité avec son lot de mortes et de mutilées.

Dans le monde, une femme meurt des suites d’un avortement clandestin toutes les 9 minutes.