Les irradiés de l'ile Longue à nouveau devant la justice

Publié le Mis à jour le
Écrit par A.Castier

Deux salariés de l'Ile Longue sont décédés des suites d'un lymphome et d'un cancer. Le caractère professionnel de leur maladie n'a pas été reconnu par le tribunal des Affaires de Sécurité Sociale. Une nouvelle audience s'est tenue aujourd'hui devant la Cour d'Appel de Rennes. 

Sur les marches du Parlement à Rennes, une dizaine de personnes tiennent une banderole: "Justice pour les irradiés des armes nucléaires". Ils sont venus assister à l'audience devant la cour d'appel de Rennes pour réclamer la reconnaissance de maladie à caractère professionnel de deux anciens salariés de l'Ile Longue. 


"Ils n'avaient aucune protection lors de la manipulation des missiles"



En 2017, un appareilleur est décédé à l'âge de 59 ans des suites d'un lymphome. Il a travaillé sur le site de 1979 à 1997. Il assurait notamment le transport des têtes nucléaires de missiles par camion. Selon Annie Thebault, directrice de recherche à L'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), c'est durant cette période qu'il a été exposé à la radioactivité, en particulier au rayonnement neutronique.  

En 2016, un pyrotechnicien est décédé lui d'un cancer du rectum à l'age de 61 ans. Il a travaille à l'Ile Longue toute sa carrière de 1969 à 2008 au service de maintenance des têtes de missiles. Selon Annie Thebault, de 1972 à 1996, les salariés de l'Ile Longue n'étaient munis d'aucune protection lors des manipulations de têtes de missilles. 


La reconnaissance de maladie à caractère professionnel 


Les familles de ces deux anciens salariés ont demandé une reconnaissance de maladie à caractère professionnel. Dans son jugement rendu le 9 mai 2016, le tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de Brest a conclu à l'absence de relation directe et essentielle entre les cancers de ces ces anciens salariés et leur exposition aux rayonnements ionisants. 

Le dossier est désormais dans les mains de la cour d'appel de Rennes. Devant le tribunal, Maitre Cécile Labrunie a réclamé à nouveau cette reconnaissance à "titre posthume".

durée de la vidéo: 01 min 15
L'avocate de la famille des victimes ©France 3 Bretagne


Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 11 avril prochain.