Crossfit. Le premier Français champion du monde est Finistérien

Il est allé défier les Américains chez eux et il a réussi ! Maxime Guyon est devenu, cet été, le premier Français champion du monde de crossfit. L'athlète finistérien de 43 ans fut gendarme dans une autre vie. Désormais, il veut se consacrer à la préparation physique et mentale des sportifs.

Quand il s'est mis au crossfit il y a cinq ans, alors qu'il servait encore sous l'uniforme de la gendarmerie, Maxime Guyon n'imaginait pas qu'il deviendrait le premier Français à décrocher le titre de champion du monde. Au nez et à la barbe des Américains qui ont inventé la discipline dans les années 70.

C'est même outre-Atlantique, dans le Wisconsin, que le Finistérien a remporté la médaille d'or cet été. Il participait pour la première fois à une finale mondiale, dans la catégorie Masters 40-44 ans. "C'était énorme, incroyable" dit-il aujourd'hui, toujours sur un petit nuage.

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"Avoir des gros bras, on s'en fiche !"

Il aura fallu neuf épreuves sur trois jours, "l'équivalent d'un Ironman", pour que cet ancien formateur à l'école de gendarmerie de Châteaulin, dans le Finistère, se hisse sur le toit du monde dans une discipline où les stéréotypes physiques vont bon train. "Le cross training, ce n'est pas monsieur Muscles, s'amuse Maxime Guyon qui est habitué à ce qu'on  lui serine les clichés bodybuildés à l'oreille. L'aspect esthétique, ce n'est pas ce que l'on recherche lorsque l'on pratique ce sport. Avoir des gros bras, on s'en fiche !"

Pourtant, à première vue, les gros bras, ils sont bien là. Mais pas pour la frime. Ce sport dans sa version compétition ne concerne que 1 % de pratiquants. "Pour 99 % des gens, explique Maxime, le crossfit aide à gagner en souplesse, à être plus agile, plus endurant au niveau cardio-pulomnaire et musculaire. Autant de qualités physiques qui peuvent améliorer notre quotidien". En clair : garder la forme pour "se sentir bien dans son corps et dans sa tête".

Résilience et dépassement de soi

Le crossfit, autrement dit l'entraînement croisé, combine course à pied, vélo, natation, gymnastique, haltérophilie, etc. "Il y a une complémentarité entre tout cela. La force et l'endurance sont liées. Pour un néophyte, une séance d'une heure deux à trois fois par semaine, ça porte ses fruits. On y apprend le dépassement de soi et une certaine forme de résilience".

Maxime Guyon, lui, s'entraîne deux fois par jour. Il s'apprête d'ailleurs à aller courir après notre discussion. Enfin... Courir et grimper à la corde. Sinon, ce ne serait pas drôle ! "Je vais courir un kilomètre et faire cinq grimpers de corde et tout cela dix fois de suite". Des épreuves dans l'épreuve "pour habituer le corps à travailler de différentes façons".

Cet athlète de 43 ans alterne les séances dans son garage à Pont-l'Abbé et au sein d'un club de crossfit de Quimper. Après une petite pause méritée et nécessaire, à l'issue des championnats du monde, il a repris le rythme et se prépare pour une nouvelle compétition aux Etats-Unis, en janvier prochain. Cette fois, à Miami. "Mais pour cela, je dois me qualifier".

Les qualifications se déroulent à distance, sous forme de vidéos qui sont analysées et jugées par un jury. "Je cherche des sponsors pour m'accompagner dans la saison à venir, glisse-t-il. J'aimerais pouvoir défendre mon titre mondial et actuellement, je suis sans soutien".

Ecole de la deuxième chance

Maxime Guyon se dit "plutôt en forme pour un mec de 43 ans" et souhaite transmettre les valeurs qu'il a trouvées dans le crossfit. Il a quitté l'uniforme et s'est engagé dans une formation de préparateur physique et mental pour les sportifs de haut niveau. Avec un ami, il a également mis sur pied une école de la deuxième chance, du côté de Lorient, qui ouvrira le 8 novembre. 

La première promotion accueillera douze élèves de 16 à 25 ans, en rupture scolaire et sociale. Ils passeront six mois dans ce lieu baptisé "Kalon" ("Courage" et "coeur" en breton). "L'idée est de les remettre dans le jeu et sur les rails, de leur apporter un socle solide".

Maxime y sera intervenant sportif. "Seul on va vite, ensemble, on va plus loin... c'est cet état d'esprit qui anime notre projet et que nous voulons expliquer à ces jeunes. Nous allons leur offrir la possibilité de retrouver des rythmes et de réapprendre le 'vivre ensemble'. Nous prévoyons un échange, dans le cadre de leur scolarité, avec des entreprises mais également l'armée. Nous les suivrons ensuite quand ils voleront de leurs propres ailes".
 

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