Fougères, le site JB Martin en partie détruit par les flammes, "c’était notre usine"

Quand les premières fumées sont apparues, Denise Mieuzé n’a pas voulu aller voir. Elle a travaillé dans l’usine pendant 43 ans. "Ça fait mal au cœur" dit-elle. Pendant deux heures, ce 10 septembre, les flammes ont ravagé une partie des anciens locaux de l’entreprise de chaussures fermée en 2020.  
vus du ciel, les dégâts sont impressionnants
vus du ciel, les dégâts sont impressionnants © J.M. Piron/FTV

"C’est un emblème, un site historique de la ville !".  Arielle n’a travaillé que quelques mois dans l’usine JB Martin, mais " ma maman, dit-elle,  y a fait toute sa carrière. Ça fait un pincement au cœur de voir ça."

Le feu s’est déclaré vers 18 heures dans un bâtiment de l’ancienne usine de chaussures. Une quarantaine de pompiers sont intervenus. Les flammes ont été maitrisées en un peu moins de deux heures mais une grande partie du site s'est effondrée.

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incendie JB martin

Les anciens salariés de l’usine ont parfois du mal à retenir leurs larmes.

"Même si l’usine avait fermé en 2020, quand on passait devant, c’était notre usine" soupire Denise Mieuzé, ancienne traceuse de JB Martin.  

Une longue histoire

L’histoire de la chaussure à Fougères a commencé au milieu du dix-neuvième siècle. A l’époque, une dizaine d’ateliers voient le jour dans la cité et très vite des hommes et des femmes arrivent pour couper, coudre, assembler et monter les chaussures.

La population de la ville est multipliée par deux.

Au début du vingtième siècle, à Fougères, 10 000 ouvriers sont employés par une centaine d’usines.

C’est à cette époque, en 1921, que Jean-Baptiste Martin fabrique, dans son grenier, ses premiers souliers. D’abord pour les enfants. Puis en 1926, il crée des escarpins. La marque est lancée.

Fougères se présente alors comme la capitale européenne de la chaussure. Une paire sur deux vendue en France est confectionnée dans les ateliers au pied du château.

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Histoire de la chaussure à Fougères

Dans les années 70, JB Martin compte 1 200 salariés. Avant de sortir brillante et vernie, il faut entre 80 et 120 étapes pour chaque chaussure et il en sort 4 à 5 000 par jour.

Réhault, Bertin, JB Martin, toute la ville sent le cuir et la colle.

Mais les premières difficultés arrivent. En 1968, dix usines ferment. Ce n’est que le début. L’industrie de la chaussure ne peut résister à la concurrence asiatique.

Comme les autres, JB Martin délocalise petit à petit sa production. En 2009, le dernier atelier de fabrication ferme ses portes. Ne restent à Fougères que la création et les services commerciaux.

En 2017, l’entreprise est placée en redressement judiciaire avant d’être liquidée le 3 juin 2020. Un an avant son centième anniversaire. 

Une enquète est en cours pour déterminer l'origine de l'incendie. 

 

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