Affaire Zyed et Bouna : les deux policiers renvoyés en correctionnelle à Rennes

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La cour d'appel de Rennes s'est prononcé. Les deux policiers mis en cause dans la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois (93) en octobre 2005 seront renvoyés devant le tribunal correctionnel de Rennes.

Par Thierry Peigné

C'est ce matin que la cour d'appel de Rennes se prononçait sur le renvoi en correctionnelle pour "non-assistance à personne en danger" des policiers mis en cause dans la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois (93) en octobre 2005. Elle a décidé que les deux policiers devaient comparaître. Un nouveau procès pourrait avoir donc lieu à Rennes, plus de 8 ans après les faits. L'avocat des deux policiers, ainsi que le parquet général ont 5 jours pour se pourvoir en cassation.

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Maître Daniel Merchat, avocat des deux policiers
Interview : Anthonin Billet, Manon Le Charpentier


Octobre 2005, deux adolescents périssent électrocutés

Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, avaient péri électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés, à l'issue d'une course-poursuite avec des policiers. Un troisième jeune, 17 ans au moment des faits, avait été grièvement brûlé. Ce drame avait été suivi d'un embrasement des banlieues françaises.
 
En octobre 2012, la Cour de cassation avait annulé un non-lieu de la cour d'appel de Paris et renvoyé le dossier à Rennes. Début juin, le parquet général avait requis un nouveau non-lieu. La chambre de l'instruction de Rennes en a donc décidé autrement en renvoyant les deux policiers devant un tribunal public.

Une affaire sensible

L'affaire avait pris en 2005 une tournure politique lorsque le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, avait affirmé au lendemain des faits que "la police ne poursuivait pas physiquement" les trois jeunes. Or, fin 2006, un rapport de l'Inspection générale des services (IGS) reconnaissait que les trois mineurs avaient bien été poursuivis par des policiers. Mais aucun "manquement" des policiers n'était relevé, estimait alors le directeur de l'IGS, Eric Meillan. 

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