Après le décès d'un bébé en 2013, le CHU de Rennes condamné pour “faute”

L'entrée des urgences au CHU de Rennes / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
L'entrée des urgences au CHU de Rennes / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

Le CHU de Rennes a été condamné fin décembre pour "faute" après le décès d'un bébé en 2013 en raison, selon la justice, d'un retard de prise en charge du jeune patient, a-t-on appris mardi.

Par AFP


Le CHU devra verser 108 000 euros aux parents de l'enfant décédé à l'âge de six semaines le 14 septembre 2013, selon le jugement du tribunal administratif que l'AFP a pu consulter.  Une semaine avant le décès, le 6 septembre, le bébé avait subi une opération, après la détection d'une sténose hypertrophique, une pathologie entraînant des troubles de l'alimentation.

L'enfant était rentré le lendemain au domicile familial, dans le Morbihan. Mais, cinq jours après l'intervention, les parents observaient un écoulement de sang et d'eau au niveau des points de suture sur le ventre. Ils contactaient alors le CHU de Rennes qui les invitait à consulter leur généraliste.
 
Le surlendemain en soirée, la cicatrice du bébé s'était ouverte et ses parents l'emmenaient immédiatement à l'hôpital le plus proche de leur domicile, à Lorient. Les médecins lui ont alors prodigué les premiers soins et contacté peu avant minuit l'unité pédiatrique du CHU de Rennes qui organisait le transport d'urgence de l'enfant jusqu'à Rennes, à 150 kilomètres.


Une faute du CHU


Finalement, arrivé au CHU de Rennes le 14 à 7 h du matin, l'enfant a été opéré mais décédait à 18 h 15. Pour le tribunal administratif, le CHU a commis une "faute" dans l'organisation du transfert de l'enfant vers Rennes. "Le CHU de Rennes, dont dépend le SAMU d'Ille-et-Vilaine, a commis une faute qui a entraîné un retard de prise en charge" de l'enfant, "de nature à engager sa responsabilité", selon la décision.

Selon l'instruction, il s'est écoulé 1 h 30 entre la demande faite au SAMU par le CHU d'aller chercher l'enfant dans le Morbihan et le départ de Rennes du véhicule sanitaire, un délai dû à des questions administratives. Et ce, souligne le tribunal, "alors que l'état d'urgence dans lequel se trouvait le jeune patient avait été clairement décrit" et que, dans l'attente, son état s'est dégradé, le rendant temporairement intransportable.

Le CHU a également commis une faute, selon le tribunal, en orientant les parents le 11 septembre vers le médecin généraliste. "La prudence aurait dû le conduire (...) à demander aux parents de se présenter au centre hospitalier (de Rennes) pour un contrôle". En cela, "le CHU de Rennes a commis une faute ayant entraîné un retard de prise en charge de nature à engager sa responsabilité".
 

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