Coronavirus: à Rennes, des livreurs inquiets. Dans le Finistère, les conditions de livraison se durcissent

Il est encore possible de croiser des livreurs en vélo comme ici à Nantes / © Maxppp/F.Dubray
Il est encore possible de croiser des livreurs en vélo comme ici à Nantes / © Maxppp/F.Dubray

A Rennes, des livreurs en restauration disent leur crainte face à la propagation du coronavirus et au manque de protection. Dans le même temps, dans le Finistère, le préfet vient de limiter l’ouverture des restaurants exerçant une activité de livraison et de vente à emporter.

Par Sylvaine Salliou (avec AFP)


"Le coursier est un vecteur contaminant très, très fort et il n'y a pas de précautions qui sont prises actuellement... C'est un risque pour la population", explique Xavier (prénom d'emprunt), âgé de 38 ans, et rencontré dans le centre-ville de Rennes. Selon lui, "les restaurateurs font du passage de sac de la main à la main, il y a des attroupements de coursiers devant tous les restaurants. Et en ce moment, comme il y a très peu de restaurants ouverts et très peu de demandes, ça donne des attroupements de 20 à 30 coursiers devant le restaurant où ils sont tous entassés et ça se passe les sacs, sans aucune précaution". 

"J'ai pu observer aussi un restaurateur gonfler un sac en papier à la bouche avant d'y insérer un sandwich et me le donner pour aller le livrer chez un client", a-t-il
également rapporté. Vendredi, Xavier a confié avoir décidé d'arrêter de travailler, faisant également part de "tensions" entre livreurs. 
 

Des livraisons autorisées s'il n'y a pas de "contact"


D'après le site du ministère de l'Economie, la livraison de repas à domicile reste autorisée "pourvu qu'elle se fasse sans contact, afin d'assurer une protection maximale des personnes qui préparent les repas, des livreurs et des clients". Or, selon Mathieu, coursier pour Deliveroo et Uber depuis deux ans, les clients "ne me laissent pas le temps de m'éloigner, ils se mettent très proches de moi. Nous, du coup, on est en première ligne parce qu'on voit énormément de personnes, donc ça multiplie les risques, pour notre famille aussi."

Regrettant de ne pouvoir avoir recours au droit de retrait, cet étudiant déplore de ne pas avoir "droit à la protection face à un virus qui est potentiellement mortel".
"Il y a certains clients qui le prennent au sérieux. C'est on va dire 50% des clients et sinon les autres, ça les fait rigoler", a-t-il fustigé. 


Dans le Finistère : pas de livraison, ni de vente à emporter entre 22h et 5h 

Dans le Finistère, le préfet a pris un arrêté pour tenter de limiter encore plus la propagation du virus. Car, expliquent ces services dans un communiqué : "il a été constaté que le maintien de ces activités à des horaires tardifs favorise les déplacements et les rassemblements susceptibles de favoriser la propagation du coronavirus". Il interdit donc l’ouverture des restaurants et débits de boissons exerçant une activité de livraison aux particuliers (à l’exception des livraisons aux personnes âgées de plus de 65 ans) et de vente à emporter de 22h à 5h chaque jour.

Cette mesure s’applique dans toutes les communes du département du Finistère du 20 mars 2020 à 22h au 15 avril 2020 à minuit.
 

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