• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

EHPAD du CHU de Pontchaillou à Rennes : un personnel et des familles en souffrance

© PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
© PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Le personnel de l'EHPAD du CHU de Pontchaillou a exercé son droit de retrait cette semaine à la suite d'un accident du travail de l'un de ses membres. Depuis cet été, les équipes alertent la direction sur le manque d'effectifs qui entraîne une maltraitance des soignants et des patients. 

Par E.C

Pas de douche depuis trois mois pour certains résidents très dépendants, un ménage pas fait selon les syndicats. Les conditions se dégradent au sein de l'EHPAD du CHU de Rennes, réparti sur quatre services et qui accueille 120 personnes.

Le personnel alerte la direction depuis cet été sur le manque d'effectif et surtout d'aides-soignant.e.s. Deux par jour manquent à l'appel. Le week-end du 31 août et du 1er septembre, la situation a atteint son point critique avec l'absence de 15 aides-soignant.e.s. 


Droit de retrait


Mardi dernier, une trentaine d'entre eux/elles a exercé son droit de retrait notamment à la suite d'un accident du travail survenu le matin. La direction s'est rendue sur place pour constater les carences et entendre les professionnels. 

"L'été c'est toujours plus dur. Là, ça a été l'apocalypse. Les équipes sont démotivées parce qu'on n'a pas de reconnaissance." explique une salariée. "Les familles comprennent mais sont aussi agacées, ce qui est normal."  La démotivation passe par le quotidien, des projets pas menés à bien comme l'installation de la buanderie: "la machine est arrivée, les branchements ne sont toujours pas faits" déplore t-elle. 

Du côté des familles effectivement, "on arrive au point de rupture". Françoise Badouel, présidente du conseil de vie sociale des représentants des résidents et des familles relève que "l'an dernier déjà, l'été avait été catastrophique. On avait dit 'attention pour les prochaines vacances'".

Les familles sont excédées et trouvent la "situation inadmissible par rapport au tarif payé". Françoise Badouel confirme que les proches font le ménage dans les chambres, ne pouvant que constater la charge de travail et le désarroi des soignants. "Il y a quelque chose dont on prend conscience quand on vient en EHPAD c'est que la priorité du gouvernement n'est pas axée sur la gériatrie et il est temps d'agir." 

Elle relève des incohérences dans l'organisation des services. Une lettre de la direction a été adressée aux familles et annonce un mois de septembre similaire. 


Pas de réaffectation des lits en attendant


"On peut comprendre que la direction ait du mal à trouver des agents" souligne Bertrand Audiger, aide-soignant depuis 27 ans et délégué du syndicat SUD "dans ce cas il faut en cas de départ, bloquer les lits." 

Le CHU s'est engagé en ce sens depuis ce 3 septembre. Les nouvelles admissions dans le service sont à l'arrêt. Contactée, la direction indique que des embauches sont en cours mais les problèmes de recrutement se confirment : "cette situation s'explique par un défaut d'attractivité du secteur et des difficultés de fidélisation des professionnels à l'instar d'un nombre important d'établissements médico-sociaux en France". Elle assure son "plein engagement dans la recherche de solutions pérennes. A ce jour, les perspectives de recrutement sont encourageantes. L'ensemble des postes d'aides-soignantes est pourvu pour ce week-end du 7 et 8 septembre"

"On manque de visibilité, on pallie les urgences au jour le jour." regrette Bertrand Audiger.

Si la situation n'évolue pas, le personnel demande l'organisation d'une réunion de crise incluant l'ensemble des partis dont les financeurs (le Conseil Départemental et l'ARS Bretagne) ainsi que les représentants des familles. 

 

Sur le même sujet

Interview d'Emmanuel Ethis, recteur de l'académie de Rennes

Les + Lus