"On n’avait jamais pensé à la séparation", quand le désamour laisse place à la crise du couple

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À l'Hôtel de la Plage, des couples racontent leur amour et leur désamour, cette ondulation des désirs à travers les âges de la vie. ©FTV

Comment le couple peut composer sa partition amoureuse, dans la durée, sans se perdre ? À Ploumanac'h, dans une chambre d'hôtel, sous l'oeil de la réalisatrice Kristell Menez, des femmes et des hommes partagent leurs différences et prennent conscience du temps qui a changé leur histoire. Des discussions intimes qui questionnent la vie de couple, à retrouver dans le documentaire "Hôtel de la Plage.

Évoquer sa crise de couple est généralement tabou. Mais à l'Hôtel de la plage de Ploumanac’h, la réalisatrice Kristell Menez pose la caméra, dans une chambre avec vue sur la mer. Et dans ce cadre romantique, des couples vont passer deux jours, à échanger sur les difficultés qu'ils traversent. Au fil de leurs conversations, ils questionnent la profondeur et la vulnérabilité des sentiments qui les lient.  

Trouver sa place dans le couple

Maryline et Florian démêlent certains dysfonctionnements dans leur couple. L'arrivée de leur petite fille a fait remonter toutes les difficultés qui étaient souterraines avant la naissance. Pour Maryline, le rapport à sa fille est fusionnel. Mais ce n'est pas le cas de Florian. " Quand j'étais petit, on ne me laissait pas de place". Et Maryline observe " Ça te renvoie à ton système familial".

J'ai eu du mal à trouver ma place dans tout ça... donc je reste dans ma bulle.

Florian

Accident de la vie

Julie et Nicolas, eux, ont vraiment cru en arriver à la séparation. Et la maladie qui était venue se glisser dans leur histoire a accentué leurs divergences. Ils reviennent sur cette fragilité et les ressources qu'ils ont trouvées pour renforcer leur lien. Pour Nicolas, "les petites crises sont sournoises. Elles donnent l'impression de se battre l'un contre l'autre".

C'est bizarre de savoir que l'on a surpassé des moments hyper durs avec la maladie, et qu'aujourd'hui, on a du mal à surmonter des petites crises.

Julie

Julie confie, ce qui est primordial, s'est d'être "acceptée dans mon entièreté, avec mon côté spirituel, même si tu ne le partages pas", dit-elle. "On n'est pas sur le même chemin, même si tu ne le comprends pas, j'aimerais que tu l'acceptes tout simplement."

Pression de la société

Quant à Morgan et Jérôme, ils avancent malgré les crises et leur frustration. "On n'a jamais envisagé la séparation. Sauf qu'on n'arrive pas à sortir de l'engrenage. Surtout si on ne veut pas éclater la famille" s'accordent-ils.

Il y a des choses que j'avais envie de faire, tout ce que j'avais imaginé avec toi et la famille. Tout s'est écroulé quand tu as décidé de changer de travail.

Morgan

L'un souffrant de l'indifférence de l'autre. L'autre optant pour la facilité de ne pas trop penser. "C'est le confort de ne pas réfléchir" reconnait Jérôme. "Tu dis que je fais ce que je veux. Ce n'est pas vrai. Je vais plus simplement moins t'écouter pour arriver à ce que j'ai envie de faire"

Je mets des stratégies en place pour arriver à mes fins. Mais ce n'est pas pour autant que je fais ce que je veux. J'écoute ce que tu dis.

Jérôme

 

Claudine, elle, s'exprime seule sur son histoire d'amour. Sa crise refoulée a duré plus de dix ans. À 72 ans, elle s’assume enfin.

La présence de son mari était devenue un poids. "Au fil du temps, j'avais un cafard énorme quand on partait en vacances ensemble, j'étais comme enfermée dans une prison. Mon mari, de nature très gaie et légère, était devenu inquiet et sombre". Pendant 2 ou 3 ans, elle ne parvient pas à aborder le problème avec lui. "Je ne voyais pas comment le faire". Un jour, il y a eu une situation particulière. 

Il a voulu m’embrasser et j’ai répondu non, ce n’est pas possible, je ne veux plus que tu me touches.

Claudine

Les mots de la réalisatrice

"Faire le deuil de celui ou celle que l'on a choisi pour commencer à l'aimer pour ce qu'il est, ou découvrir qu'on s'est trompé sur nous-mêmes et qu'il faut changer de route ? Entre pulsion destructrice ou créativité, la crise est le moyen de toucher du doigt l'essence d'un sentiment.  

Il existe une multitude de combinaisons possibles entre les étapes qu'un couple rencontre et les accidents de la vie qui se présentent. S'installer ensemble, devenir parents ou pas, les âges clé de l'enfant, son départ, le décès d'un parent… Être confronté à la maladie, au chômage, à l'infidélité. En fonction des ressources personnelles, de comment l'on a vu nos parents les traverser, on avance plus ou moins difficilement en remettant en cause notre couple.

Comment faire alors la part des choses entre l'ennui, inévitable, les désillusions, les rêves avortés, et la réalité d'un sentiment ? Entre frustrations personnelles et aspirations inaccomplies, cette crise n’en est pas moins une révolution introspective."

"Hôtel de la plage", un film de Kristell Menez, à voir sur France 3 Bretagne le jeudi 25 avril à 22h50, et dès à présent sur francetv.fr