Rave-party de Redon. Le jeune Rennais à la main arrachée porte plainte

Le jeune Rennais qui a eu la main arrachée lors de la rave-party de Redon, en juin dernier, a déposé plainte, ce mardi, pour "violences volontaires" et "non assistance à personne en danger". Il avait été blessé lors des affrontements avec les gendarmes chargés de disperser les raveurs.
Lors de l'évacuation du site de la rave-party à Redon, le 19 juin. Elle avait rassemblé 1.500 raveurs et donné lieu à des affrontements avec les gendarmes
Lors de l'évacuation du site de la rave-party à Redon, le 19 juin. Elle avait rassemblé 1.500 raveurs et donné lieu à des affrontements avec les gendarmes © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

Le jeune homme de 22 ans, dont la main a été arrachée lors des affrontements avec les forces de l'ordre à la rave-party de Redon, en Ille-et-Vilaine, le 19 juin, a déposé plainte auprès du parquet de Rennes ce mardi. "Son avocat me l'a transmise en début d'après-midi, explique le procureur de la République, Philippe Astruc. C'est une plainte pour violences volontaires avec armes ou par personnes dépositaires de l'autorité publique ayant entraîné une infirmité permanente, ainsi que pour non-assistance à personne en danger" ajoute le magistrat.

"Les causes de la blessure pas encore établies"

C'est le media en ligne Brut qui annonce ce dépôt de plainte, après la publication, dans une vidéo, de plusieurs témoignages de personnes présentes au moment des faits. 


Pour sa part, le procureur de la République de Rennes indique que "pour le moment, les causes de la blessure grave à la main ne sont pas établies. Les investigations se poursuivent en ce sens ainsi que sur l'organisation des secours"

"22 blessés à cause de projectiles"

Dans la nuit du 18 au 19 juin, vers 2 h 40, le Rennais de 22 ans est blessé, alors que se déroulent des affrontements avec les gendarmes chargés de disperser cette free party, organisée en hommage à Steve Maia Caniço, mort après être tombé dans la Loire lors d'une intervention policière le soir de la Fête de la musique 2019 à Nantes. 

L'association Techno+, qui oeuvre à réduire les risques liés aux pratiques festives, a indiqué avoir pris en charge "22 victimes essentiellement blessées à cause de
projectiles, grenades de désencerclement et LBD"
.

 
Qu'il n'y ait pas eu de possibilité pour les services de secours d'intervenir sur place me semble assez incompréhensible

Me Stéphane Vallée, avocat du jeune Rennais

Selon l'avocat de la victime, Me Stéphane Vallée, "il y a eu un problème par rapport à cet engin explosif et il n'y a pas eu de prise en charge des blessés par les pompiers. Qu'il n'y ait pas eu de possibilité pour les services de secours d'intervenir sur place me semble assez incompréhensible" constate-t-il. 

 


Le jeune homme a été déposé à l'hôpital de Redon à 3 h 36 par une jeune femme, selon le parquet. Pour Techno+, les autorités publiques ont "refusé la prise en charge sanitaire" de la victime, "obligeant un de ses amis à recouvrir ce qu'il restait de son avant-bras avec un linge pour le conduire lui-même à l'hôpital".  Il a pu sortir de la clinique le 23 juin et s'est vu prescrire une incapacité temporaire de travail (ITT) de 90 jours.

Deux enquêtes pour "blessures involontaires" et pour "organisation illicite d'un rassemblement festif à caractère musical" ont été ouvertes par le parquet. Le procureur a fait saisir les enregistrements des appels aux pompiers et fait procéder à l'audition de plusieurs pompiers. 
 

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