Rennes : des chercheurs découvrent de nouveaux antibiotiques

La peptide no 19 synthétisée par l'unité scientifique / © I. Nicolas, V. Bordeau
La peptide no 19 synthétisée par l'unité scientifique / © I. Nicolas, V. Bordeau

Des scientifiques rennais ont découvert une nouvelle classe d'antibiotiques. Des tests vont être réalisés sur des volontaires sains.

Par Baptiste Galmiche

C'est une découverte qui pourrait être une grande avancée en médecine. Des chercheurs rennais ont mis au jour une nouvelle famille d'antibiotiques. Il s'agit d'une molécule non toxique et très active sur des bactéries multirésistantes.

À l'origine de cette découverte, des scientifiques rennais du laboratoire "ARN régulateurs" de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), avec l'Université de Rennes 1. En 2011, ils identifient une toxine bactérienne sécrétée par des staphylocoques dorés. Celle-ci s'attaque aux bactéries, mais elle agit également sur les cellules de l'organisme humain. Le défi pour les scientifiques a donc été de dissocier les fonctions toxique et antibiotique de cette molécule.
 

Antibiorésistance


Un challenge relevé avec succès par les chercheurs, dirigés par Brice Felden, directeur du laboratoire. "Pourtant, au début, même la communauté scientifique à qui j'en parlais n'y croyait pas", se rappelle-t-il. "Mais il faut persévérer", poursuit-il. Car à l'issue de ces recherches est née une nouvelle classe d'antibiotique.
 

Et ce pseudopeptide nouvellement découvert serait, au vu des premiers tests, épargné par l'antibiorésistance. "Ces molécules détruisent la paroi bactérienne et libèrent le contenu à l'extérieur", affirme Brice Felden. Les tests réalisés dans des tubes à essai et sur des souris ont montré qu'en agissant de la sorte, cela ne laisse pas le temps aux bactéries de s'adapter à cet antibiotique.

Une bonne nouvelle donc, sachant que d'ici à 2050, selon une étude britannique, la résistance aux antibiotiques causerait 10 millions de décès chaque année.
 

Tests


Prochain objectif : "Nous devons montrer dans un essai de phase 1, sur des volontaires sains, si ces molécules s'avèrent actives et dénuées d'effet toxique", affirme M. Felden.

Pour cela, une start-up va être créée, avec pour objectif de rendre ces molécules aptes à être testées sur l'être humain. 

Quant à la mise sur le marché de la molécule, cela prendra du temps. "On est très bien parti, on a fait le plus dur", se réjouit M. Felden qui martèle qu'"il faut raison garder".

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