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A Rennes, une danse sculpturale signée du Belge Damien Jalet

Au cours de la chorégraphie, les sept danseurs ne montrent jamais leur visage. "Danser pendant une heure sans jamais voir le public, c'est un énorme challenge" / © PHOTOSHOT/MAXPPP
Au cours de la chorégraphie, les sept danseurs ne montrent jamais leur visage. "Danser pendant une heure sans jamais voir le public, c'est un énorme challenge" / © PHOTOSHOT/MAXPPP

Avec "Vessel" présenté jusqu'à vendredi au Théâtre national de Bretagne (TNB) à Rennes (Ille-et-Vilaine), le chorégraphe belge Damien Jalet cosigne avec le sculpteur japonais Kohei Nawa une fable, racontée par les corps de sept danseurs, sur les cycles de l'existence et de la terre.
 

Par H.P. (avec A.F.P.)

Quasiment nus, fusionnés, comme enchevêtrés de manière organique: la scène s'ouvre en dévoilant des corps sans tête se réveillant dans un bassin aquatique éclairé
en clair-obscur.

 

Sculpture humaine



Tout en dissimulant leurs visages, certains cherchent à se libérer, d'autres sont comme liés, en symbiose. Au milieu de la scène, une île blanchâtre - "le vaisseau" sert de repère à cette vie primitive qui prend forme.
    
Pour "Vessel", l'auteur des "Médusés" présenté au Louvre en 2013 a fusionné son travail avec celui de Nawa, créateur de "Foam" et de "Throne", sculpture gigantesque recouverte d'or qui avait été installée sous la pyramide du Louvre dans le cadre de "Japonismes 2018".
   
"J'avais vraiment envie qu'il y ait une vraie fusion dans nos pratiques. J'ai voulu qu'il y ait cette dimension que chacune de nos contributions soit indissociable l'une de l'autre", a déclaré Damien Jalet, 42 ans, dans un entretien à l'AFP.

 

A la manière d'un kaléidoscope
 


Sur la scène les corps s'animent en symétrie, interagissent: durant une heure, "dans un temps étiré" selon Jalet, le spectacle révèle des tableaux éphémères, sensuels, hypnotiques, à la manière d'un kaléidoscope.
   
"Il faut une vraie résilience, une vraie volonté, il faut aimer cela. Danser pendant une heure sans jamais voir le public, c'est un énorme challenge", dit Jalet insistant sur le travail de ses danseurs, notamment le Grec Aimilios Arapoglou et le Japonais Mirai Moriyama, véritable star dans son pays.

Bruissements, infra-sons, sons lourds, étouffés: la composition de Marihiko Hara et Ryuichi Sakamoto accompagne avec une gravité crescendo la chorégraphie de Jalet.


 

"Retrouver la valeur de chaque chose"




La création évoque le sous-monde, Yomi, une frontière, et un au-delà s'inspirant des mythes, rituels et croyances du Japon, "pays entouré d'eau" où l'animisme reste
fort.

"Rien n'est acquis et on ne peut jamais s'assoir sur rien", estime Jalet qui veut faire travailler le spectateur sur l'imaginaire, "resensibiliser" le regard pour faire "retrouver la valeur de chaque chose".

 

Créée à Kyoto



Créée lors d'une résidence à la villa Kujoyama à Kyoto en 2015, la pièce a nécessité un an et demi de travail.

Présenté pour la première fois à Kyoto en 2016 avec un groupe de trois danseurs, le projet a été porté à sept danseurs grâce au soutien d'une importante galerie coréenne.
    
"Vessel" dont la tournée internationale a démarré par le theâtre royal de La Monnaie à Bruxelles et le Sadler's Well de Londres, s'arrête à Amsterdam les 14 et 15 mai
avant Paris au théâtre national de Chaillot (6-13 mars 2020).
 

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