Une sexagénaire accusée de meurtre après avoir injecté de l'insuline à son compagnon

Elle est accusée d'avoir tué son époux, en lui administrant une dose d'insuline. Une habitante de Glomel, dans les Côtes-d'Armor, est maintenue en détention provisoire par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes. Décision rendue ce vendredi 17 mai. Son casier judiciaire notamment ne permet pas sa remise en liberté.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes a maintenu en détention, ce vendredi 17 mai, une sexagénaire mise en examen pour le meurtre de son compagnon à Glomel (Côtes-d'Armor). La prévenue aurait administré, dans la nuit du 27 au 28 juillet 2023, une dose d'insuline à son époux.

Au moment des faits, elle s'était couchée après avoir consommé de l'alcool. Stéphane Berthou, son conjoint, l'aurait "réveillée en faisant du bruit". S'en est suivi un échange entre le couple sur le diabète dont souffre la femme.

Cette dernière lui aurait alors reproché de "ne pas savoir ce que c'est de faire une hypoglycémie ou une hyperglycémie". Pour elle, il existait un moyen de le savoir : elle l'avait donc piqué avec de l'insuline.

Un état cardiaque antérieur

Le lendemain matin, elle retrouvait son compagnon inconscient. À l'arrivée des gendarmes, le pronostic vital de son époux était engagé. Il décédera finalement le 9 août 2024.

Le médecin légiste chargé de se prononcer sur les causes de la mort de Stéphane Berthou avait retenu plusieurs causes envisageables, mais assure que l'insuline pouvait être mortelle pour un non-diabétique. L'état cardiaque antérieur de la victime aurait aussi pu provoquer une perte de connaissance ou une mort subite.

Il n'existe pas d'élément objectif au dossier permettant de dire que le geste qu'elle a fait ce soir-là est à l'origine de la mort.

Maître Olivier Pacheu, avocat de la prévenue

Selon Olivier Pacheu, l'avocat de la mise en cause, il n'existe pas suffisamment "d'indices graves et concordants rendant vraisemblable sa participation et donc justifiant son maintien en détention pour meurtre".

Au bout de huit mois d'instruction, et au terme de plusieurs analyses, celui-ci assure "qu'il n'existe pas d'élément objectif au dossier permettant de dire que le geste qu'elle a fait ce soir-là est à l'origine de la mort", a-t-il pris soin d'insister.

"Je souhaitais qu'on lui sauve la vie"

Cette mère de trois enfants placés est déjà connue de la justice. Elle a déjà été condamnée à cinq reprises, dont quatre pour des faits de violence sur ses compagnons et pour une conduite en état d'ivresse. Sa personnalité a également été analysée lors du procès. Décrite comme "antisociale, une mère violente et peu présente dans la sphère familiale", souffrant d'un "trouble de l'usage de l'alcool chronique et sévère" et d'un "trouble dépressif".

De son côté, la principale concernée s'est défendue de tout acte volontaire. "Si je n'avais pas voulu l'intervention des secours, pourquoi les aurais-je appelés ?", s'est-elle défendue, en visioconférence depuis la maison d'arrêt de Brest. "Je souhaitais qu'on lui sauve la vie et que je ne souhaitais pas sa mort du tout".

L'avocate générale avait voulu son maintien en détention, craignant un risque de réitération de la part de cette femme au "casier pas banal". La femme suit toujours des soins addictologiques et psychiatriques.

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