• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

L'université Rennes 1 fait payer SFR pour sa connexion internet déplorable

De la fibre optique pour de l'internet haut-débit / © MaxPPP
De la fibre optique pour de l'internet haut-débit / © MaxPPP

La connexion du site de Paimpont, censée être haut-débit, ne leur permettait même pas de lire leurs mails. Une filiale de SFR devra rétablir un service digne de ce nom, avec une streinte de 2000 euros par jour.

Par Stéphane Grammont

Le tribunal administratif de Rennes a enjoint la société Complétel, filiale de SFR, à rétablir une connexion internet équivalente à 80 Mb par seconde entre l'Université Rennes 1 et la station biologique de Paimpont, en Ille-et-Vilaine. 

Depuis le 24 janvier, les chercheurs doivent se contenter d'un débit inférieur ne permettant même pas de lire ses e-mails. Une astreinte de 2.000€ par jour a été prononcée à l'encontre de l'entreprise de communications en cas de non rétablissement du service.

L'entreprise est condamnée à verser cette somme journalière, pour chaque jour sans connexion décente  "jusqu'à la date de fin de contrat qui la lie à Rennes 1, le 8 juin 2019". Une importante sanction financière, comme l'avait demandé l'avocate de l'Université de Rennes. Après une mise en demeure de l'entreprise qui était restée sans réponse, l'avocate estimait que "la sanction financière est la seule chose qu'ils comprennent".

Située dans la forêt de Brocéliande, la station biologique est un mini-campus universitaire rattaché à l'université de Rennes 1. Les serveurs informatiques de la station sont donc installés physiquement à Rennes, sur le campus de Beaulieu. Jusqu'à présent, une liaison performante entre les deux sites permettaient au personnel de Paimpont de travailler dans de bonnes conditions, avec des connexions internet haut-débit indispensables au fonctionnement d'une équipe de chercheurs.
 

Cela ne permet même pas de répondre à ses mails


Le marché de cette liaison inter-site avait été attribué il y a presque 4 ans à la société Complétel, filiale de SFR. "La société s'était engagée à fournir un débit équivalent à 80 Mb par seconde, rappelle l'avocate de l'université, venue à l'audience avec du personnel de la station. Depuis le 24 janvier, la connexion est équivalente à 1 Mb par seconde. Cela ne permet même pas de répondre à ses mails".

Jusqu'au mois de janvier, la société Complétel utilisait le réseau hertzien fourni par la compagnie Altitude Infrastructure pour alimenter le réseau. En juin 2018, cette entreprise prévient Complétel qu'elle va supprimer le service au début de l'année 2019. "Mais SFR n'a prévenu l'université qu'au mois de novembre 2018, sans apporter aucune solution de rechange valable", constate l'avocate de Rennes 1.
 

Un stage a déjà été annulé


Une connexion 4G a été installée, sans aucune commune mesure avec le débit promis lors de la passation de marché. "Il y a une véritable urgence, poursuit-on du côté de la station biologique. C'est une atteinte à la continuité du service public de la recherche. Les scientifiques n'ont plus accès à leur base de données. La visioconférence est impossible. Un stage a déjà été annulé".

"L'installation de la fibre n'est pas possible sans faire de pré-études, explique l'avocat de Complétel. Mon client n'est pas de mauvaise volonté, il a envie de continuer le service mais il fait face à des contraintes techniques". Selon l'avocat, seul la société Orange serait en mesure de mettre en oeuvre des travaux pour l'installation de la fibre à un prix "sans proportion avec le marché annuel" signé entre SFR Business et l'université.

"Toutefois, déclare le tribunal dans son jugement, dès le 25 juin 2018, la société Altitude Infrastructure a informé la société Complétel de l’interruption de son service. La société Complétel n’établit pas avoir, depuis lors, cherché un nouveau fournisseur de faisceau hertzien, alors qu’il résulte de l’instruction que d’autres sociétés proposent un tel service. Elle ne démontre pas davantage avoir recherché avec son fournisseur toute solution qui aurait permis d’assurer la pérennité du service radio".

Sur le même sujet

Interview d'Aymeric Lesné

Les + Lus