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Comment la musique a sauvé la vie de Joachim, batteur au bagad de Landaul

Joachim Mahévas / © E. Colin - France 3 Bretagne
Joachim Mahévas / © E. Colin - France 3 Bretagne

Joachim, 28 ans fait partie du bagad de Landaul. La musique a toujours rythmé sa vie et lui même permis de se la réapproprier à la suite d'un grave accident de la circulation. 

Par Emilie Colin


"On m'a jeté un sort. Quand ma mère était enceinte de moi, un batteur du bagad est venu, il a pris son ventre et il a dit 'tu seras batteur, tu seras batteur' et la preuve ça a marché." Joachim rigole en racontant cette histoire. "Je suis tombé dans la musique quand j'étais petit" ajoute-t-il. Un père et un oncle sonneur depuis 40 ans, une mère au saxophone, le jeune homme opte lui dès l'enfance pour les percussions et la caisse claire. Il intègre le bagad de Ronsed Mor, "la première catégorie était envisagée avant l'accident" explique son père. 


"Le jour qui a changé ma vie"


Le 27 février 2008, Joachim et ses amis se rendent à une fête à pied. Ils longent une route. Alors qu'ils se trouvent à 500 mètres de leur destination, "la faute à pas de chance" lance-t-il, une voiture leur rentre dedans. Le choc est très violent. S'ensuivent deux années de coma. Un temps suspendu pour ses parents et ses soeurs qui se mettent à attendre. "Avec cet accident, j'ai perdu tout ce que j'avais acquis jusque là".  


Le réveil du corps


"Après l'accident, j'ai été amené au centre de rééducation de Kerpape. J'avais constamment de la musique dans ma chambre, que l'on me mettait quand j'étais dans le coma." Pendant toute sa convalescence, la famille, des musiciens, une art thérapiste à la harpe se relaient en effet au chevet de Joachim. Le bagad viendra même jouer au complet, l'aubade, sous sa fenêtre. Une scène improbable pour le personnel de Kerpape qui n'avait jamais vécu ça. Sa mère Ghislaine se rappelle "Son pronostic vital a été engagé pendant 10 jours. Puis pendant un an, nous avons été dans l'incertitude." "La musique c'était pour le réveiller."

La musique franchement on peut dire qu'elle m'a sauvé la vie (Joachim)

Personne ne saura jamais si toutes ces notes ont fait leur effet. Joachim se réveille pourtant au bout de deux ans.

Le jeune homme a toujours la musique collé au corps. Un corps qui lui a bien changé et ne réponds plus comme avant. "Je voulais absolument refaire de la musique, parce que c'était en moi. J'ai décidé de garder le même instrument qu'avant. La plus grande difficulté que j'ai eu au tout début, c'était de tenir les baguettes. J'avais ma main gauche qui était totalement paralysée. Au niveau des doigts, je n'avais plus la même dextérité. Je n'arrivais même pas à tenir un ballon dans les mains." 

"Je joue pratiquement tous les jours sur un practice. La musique m'a permis de récupérer."

Aujourd'hui et à 28 ans, Joachim vit seul. Il prend des cours de batterie avec un professeur particulier une heure par semaine et répète tous les dimanches avec le bagad de Landaul dont il fait désormais partie. En août prochain, il s'envole pour le Pays de Galles avec ce groupe et ses parents. Comme il le dit "la musique ne me quitte jamais." 
 

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