Confinement : les usagers de la mer réclament de pouvoir retourner à l'eau

Ils sont pêcheurs, plaisanciers, surfers, et ils sont sortis ce samedi après midi un peu partout en Bretagne, bravant le confinement pour se retrouver sur le littoral. Leur mot d'ordre : pouvoir pratiquer leurs activités nautiques près de chez eux.
Une quarantaine de manifestants pour défendre l'accès à la mer à Fort-Bloqué dans le Morbihan (Plœmeur)
Une quarantaine de manifestants pour défendre l'accès à la mer à Fort-Bloqué dans le Morbihan (Plœmeur) © Philippe Beaugey
Ils se sont donnés rendez-vous en plusieurs points du littoral en Bretagne, bravant les interdictions liées au confinement. Les pêcheurs, plaisanciers, surfeurs, planchistes, kite-surfeurs ou encore amateurs de longe côte, réclament le droit à la mer. Contrairement au premier confinement, l’accès aux plages n’est pas interdit, à condition de rester dans le périmètre d’un kilomètre autour de son domicile. Mais l’accès aux plans d’eau est de nouveau interdit aux amateurs de sports ou d'activités nautiques. Pour ces manifestants les activités nautiques "ne présentent aucun risque d'aggravation de la situation sanitaire." 
 

Pratiquer une activité nautique


Sur la plage de Fort-Bloqué à Plœmeur, près de Lorient, ils étaient ainsi un grosse quarantaine ce samedi après-midi, à distances règlementaires et avec masques, rassemblés dans un seul but, obtenir l'autorisation de pratiquer librement leur activité nautique de prédilection, en dépit du confinement.
   

Les dérogations font des jaloux à la Torche


Même scénario du côté de la Torche, dans le Finistère. Pas de marée humaine, mais une scène peu banale. Il y a ceux qui ont le droit d'aller sur l'eau et les autres, qui ne peuvent que les regarder. Car depuis le début du confinement, les activités nautiques sont interdites, sauf pour les professionnels et les sportifs de haut niveau. « Je suis devant la plage, je n'ai qu'une envie, c'est d'y aller, et je ne peux pas, lance ainsi Bérénice Surtout de voir les gens qui y vont, je trouve ça injuste, ils ont de la chance...»  Sous les yeux attentifs des forces de l'ordre, pas toujours masqués, les rares surfeurs du jour, munis d'une dérogation, font en effet des jaloux. « Je bénéficie d'un laisser-passer parce que je suis éducateur sportif, déclare un surfeur privilégié, on n'est pas tous égaux et en ce moment, c'est moche, admet-il tu as les éducateurs sportifs, qui peuvent circuler, les sportifs de haut niveau ou ceux qui en vivent aussi, les handicapés, mais bon ça fait peu de monde. »
 

Ça n'est pas de la colère, on veut juste retourner à l'eau !



clame de son côté Robin, à l'initiative du rassemblement. " Le gouvernement essaie de faire du mieux qu'il peut et c'est pas évident de prendre toutes les décisions et nous on essaie de l'aiguiller en lui montrant que cette mesure n'est pas forcément justifiée et fait plus de mal que de bien ».

Lancé en début de semaine sur les réseaux, l'appel à manifester n'a toutefois pas créé la vague attendue, à la Torche, comme à Fort-Bloqué. Le collectif de la terre à la mer, très mobilisé au printemps pour le retour de plages dynamiques, ne s'est de son côté, pas associé au mouvement. Même si les membres ont eux aussi envie de retourner à l'eau, pour eux ça n'est pas l'urgence du moment. 

Ces rassemblements devraient se renouveller chaque samedi jusqu'à obtenir gain de cause, disent-ils.
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