Journée mondiale de l'océan : La fondation TARA Océan lance une campagne "renversante"

Un océan essentiel, mais encore trop mal connu. A l'occasion de la journée mondiale de l'Océan ce 8 juin, la Fondation Tara Océan propose de remettre la mer au coeur de nos préoccupations en lançant une campagne qui inverse le regard. Mieux connaître, pour mieux défendre.

© Maéva Bardy - Fondation Tara Ocean


L'océan est nourricier, essentiel à l'équilibre de la biodiversité. Il stocke du carbone, produit de l'oxygène, nettoie l'atmosphère, et pourtant nous le connaissons bien mal.

La Fondation Tara Océan invite le public à y regarder de plus près et inverse le haut et le bas, retourne ciel et terre, pour "renverser la situation et commencer à protéger l’essentiel", slogan d'une campagne d'affichage dans le métro parisien qui commence aujourd'hui, journée mondiale de l'océan.

© Fondation Tara Océan


La Fondation Tara Océan s'emploie à explorer, comprendre et anticiper les boulervesements liés aux risques climatiques et environnementaux. Elle fait naviguer son navire océanographique "Tara", dont le port d'attache est Lorient, sur toutes les mers du globe. 


"L'océan, c'est notre assurance-vie"

La crise sanitaire aura eu pour effet de reporter "sine die" deux rendez-vous importants cette année : une conférence des Nations Unies à Lisbonne dédiée à la préservation de l'écosystème océanique, et le Congrès Mondial de la Nature à Marseille, où l'océan devait être au coeur des préoccupations des instances nationales et internationales. Le Coronavirus a tout empêché.

Sur fond d'incertitude climatique, la pandémie a renforcé encore un peu plus le besoin urgent de comprendre notre environnement. Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Océan explique : "Tout le monde constate que depuis trois mois, il y a eu beaucoup d'appels à la science. Et le public ne comprend pas que le monde scientifique puisse lui répondre : on ne sait pas". 

"Or tout est lié, continue Romain Troublé, la biodiversité nous a attaqué, nous les humains, par des intermédiaires naturels. Cette crise marque la nécessité urgent de connaître, comprendre, et protéger la biodiversité et les écosystèmes, pour mieux nous prémunir des crises à venir".


"On n'a qu'une seule santé"

Et pour Romain Troublé, la question de la santé est globale. "Si la nature est malade, l'homme tombera lui aussi malade". Et de rapprocher le microbiome humain du microbiome marin : "les microbes que nous avons dans le corps participent tous à notre équilibre vital. Plus on documente les virus et les bactéries présentes sur la planète, plus on aura de réponses".

Il y a dans un litre d'eau de mer entre un et dix milliards de virus, et entre dix et cent millions de bactéries. Il est essentiel de mieux connaître ce microbiomeRomain Troublé

Pour l'ingénu qui tenterait de survivre à l'ingestion d'un litre d'eau de mer, Romain Troublé précise d'emblée que "très peu de ces virus et bactéries marins sont dangereux pour l'homme", rappelant plutôt que "des traitements contre le cancer ou contre le HIV, ce dernier étant lui-même un virus, sont précisément issus de la recherche océanographique et d'études sur les espèces marines".

© Fondation Tara Océan

 

Nouvelles missions

A l'automne, la goélette océanographique Tara repartira en mission dans l'hémisphère Sud, avec un programme renforcé en recherche microbiotique. Les scientifiques à bord pourront également étudier les premiers effets liés à la crise sanitaire de cette mise en jachère de l'océan, "inédite depuis 50 ans" .

"Je suis impatient de voir comment les ressources se sont reconstituées, après l'arrêt pendant trois mois de toute exploitation", nous confie Romain Troublé. "L'océan est très résilient, la nature reprend très vite sa place, il sera intéressant de constater la mesure de cette pause exceptionnelle". Reste à espérer que la relance économique ne se fera pas à son détriment, avec à nouveau toujours plus de pollution plastique.

Pour l'heure, la goélette Tara fait escale sur les quais de Paris. Il sera possible de la visiter à compter du 13 juin.
 

 

 

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