"Après la tempête, il y a le beau temps", l’évêque de Jérusalem est venu partager ses espérances de paix à Vannes

William Shomali, évêque de Jérusalem et de Palestine est venu à Vannes ces 11 et 12 mai pour le pardon de St Patern, un des saints fondateurs de la Bretagne. L’occasion pour lui d’évoquer auprès des fidèle la situation actuelle en Terre sainte et à Gaza, de parler de la petite communauté chrétienne qui y vit encore et de prier pour la paix.

Il y voit, comme un symbole. William Shomali, évêque de Jérusalem et de Palestine, est né un 15 mai. "C’est le jour de l’indépendance d’Israël, mais c’est aussi le jour que les Palestiniens appellent la Nakba, la catastrophe. Ce jour a deux noms, deux sens", explique-t-il.

Une vie dans la guerre

 

William Shomali a connu toutes les guerres qui se sont succédé sur sa terre natale. Et il énumère : "1948, ma mère et toute sa famille était réfugiée de Jaffa, puis 1967, 1973, j’ai connu le premier soulèvement Palestinien, le deuxième. Et les cinq guerres entre le Hamas et Gaza. Je n’en ai manqué aucune, j’espère que celle-ci sera la dernière. "  

L’évêque ne cache pas son inquiétude. "Gaza est presque détruite, témoigne-t-il. Beaucoup sont sans maison, sans logis. La communauté chrétienne réfugiée dans la paroisse latine ne peut pas retourner chez elle parce que les maisons sont endommagées ou détruites."

Un quotidien difficile

À la sortie de la messe, il raconte le quotidien de la population de Gaza. "Il manque des choses essentielles, surtout des médicaments, décrit-il. Parfois, les habitants n’ont pas d’eau potable.  Pour se nourrir, ils doivent se limiter à un peu de pain, des boîtes de conserve quand ils en ont. Il y a de l’aide qui arrive parfois, il faut quand même nourrir les 400 000 personnes qui sont restés à Gaza et qui n’ont pas accepté d’aller au sud en suivant les instructions militaires."

William Shomali le sait, pour reconstruire Gaza, il faudra des années et beaucoup d’argent. "C’est plus facile de détruire que de reconstruire", souligne-t-il amer.

"Les gens sont fatigués, beaucoup sont morts. 30 de nos chrétiens sont morts. Ils étaient 1 017 avant la guerre du 7 octobre, ils ne sont plus que 700. Beaucoup sont partis à travers le monde vers l’Australie, le Canada… C’est la guerre, c’est la guerre !"

 

Un message de paix

 

L’homme prie donc pour le retour de la paix. "Le beau temps va arriver, la guerre ne peut pas continuer", répète-t-il inlassablement. "La communauté internationale pousse vers l’arrêt des hostilités".

Il souhaite que le gouvernement israélien accepte une trêve et signe un accord avec le Hamas pour l’échange des otages et pour une fin des hostilités. "Mais cela ne suffit pas, il faut aussi résoudre le conflit. " 

"Il y a 134 pays qui reconnaissent la Palestine comme un Etat, argumente l’évêque. Il nous manque une décision du Conseil de sécurité à cause du véto Américain, mais je pense que les Américains un jour au moins s’abstiendront et cet Etat sera ratifié et approuvé et alors il y aura deux Etats qui seront réconciliés. Ça pourra arriver. J’ai l’exemple de l’Europe, après deux guerres mondiales, l’Europe a compris que la violence ne produit que la violence. Et l’Union européenne est née."

"Nous voulons une solution pacifique, explique William Shomali. C’est très difficile actuellement parce qu’il y a beaucoup de tensions dans le monde entre les pro palestiniens et les pro israéliens. Mais nous croyons que par la prière et par la présence de gens modérés partout dans le monde, on peut arriver à la solution de deux Etats, un Etat Israël et un Etat Palestine qui vivent, côte à côte, pacifiquement, confiants et réconciliés."

À Vannes, l’homme a donc délivré un message d’espérance :" selon moi, conclut-il, la paix va venir".