Téléphonie mobile : quand le réseau passe mal, ça ne passe pas

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À Camoël (56), la réception du réseau est très aléatoire. Yves Coulon, retraité, a pris les choses en main : depuis plusieurs mois, il multiplie les réclamations auprès des opérateurs. Il a également lancé un sondage dans sa commune pour juger de la qualité du réseau.

Par Baptiste Galmiche

Camoël, dans le Morbihan, a a priori tout pour plaire : un village paisible d'un millier d'habitants, calme et près de la mer. Seule ombre au tableau - de taille -, le réseau est très aléatoire.

Pour passer des appels depuis son téléphone mobile, Yves Coulon peut, au choix, se placer devant la fenêtre de sa chambre, ou sortir dans son jardin à un endroit bien précis. Ailleurs, Yves ne capte pas, et s'en offusque. "On signe un contrat avec des opérateurs qui nous garantissent un fonctionnement, et on ne l'a pas. À partir de là, ce n'est pas acceptable", se plaint Yves.

Pétition

Cet ex-informaticien a décidé de prendre les choses en main. "J'ai envoyé plusieurs dizaines de courriers aux opérateurs, raconte-t-il. Je n'ai obtenu aucune réponse fiable ou réelle", constate-t-il amèrement. Yves attend plus particulièrement une réaction d'Orange, chez qui la plupart des Camoëlais ont souscrit un contrat. Même constat que pour les autres : silence radio.

Sans réponse, le Camoëlais a lancé un sondage auprès des 1 000 habitants de la commune : "Comment jugez-vous la qualité du réseau à Camoël". Sans surprise, parmi les 150 foyers ayant répondu - et le sondage n'est pas encore achevé -, "78 % l'ont jugé médiocre, ce qui est alarmant", affirme Yves.

La mairie soutient Yves dans ses démarches, en mettant à disposition le questionnaire à la mairie. Ce dernier figurera dans le bulletin municipal de décembre prochain. "La commune a besoin d'avoir des communications efficaces et efficientes, car le téléphone portable est très utilisé. Quand on est à la merci d'une interruption de communication, c'est désagréable", justifie-t-il.

"Des améliorations sont en cours"

Le délégué régional Orange Damien de Kerhor, relativise : "Les réseaux se développent progressivement, et l'amélioration est progressive et des investissements sont réalisés." M. de Kerhor assure qu'une solution va être trouvée à Camoël : "C'est une question de semaines". Quant au contenu exact, Orange n'a pas souhaité rentrer dans les détails.

Pour Orange, il n'est pas étonnant que les zones rurales soient moins bien desservies par le réseau. "Toutes les zones n'ont pas exactement le même débit. Mais ça c'est la vie, on n'a pas les mêmes services partout sur le territoire, lance-t-il. En revanche, ce qui est important, c'est que nous investissons pour améliorer cela".

Reportage : B. Galmiche / Y. Charles / T. Bouilly / B. Thibaut
Téléphonie mobile : quand le réseau passe mal, ça ne passe pas
À Camoël (56), la réception du réseau est très aléatoire. Yves Coulon, retraité, a pris les choses en main : depuis plusieurs mois, il multiplie les réclamations auprès des opérateurs. Il a également lancé un sondage dans sa commune pour juger de la qualité du réseau. Reportage : B. Galmiche / Y. Charles / T. Bouilly / B. Thibaut. Interviews : - Yves Coulon, habitant de Camoël (56) ; - Damien de Kerhor, délégué général de Bretagne chez Orange.

Zones blanches

Dans d'autres communes, la situation est pire encore : aucun service n'est proposé. Il s'agit des zones blanches, lieux dans lesquels il est impossible de passer un appel ou d'envoyer un SMS.

En 2003, le gouvernement a lancé un programme pour les éradiquer. Pour cela, 3 800 communes avaient été déterminées comme "zones blanches", dont une quarantaine en Bretagne. L'objectif de ce plan était que toutes ces communes disposent d'un réseau voix/SMS d'ici au 31 décembre 2016. Mais la livraison des pylônes a pris du retard, le délai pourra difficilement être respecté. SFR a d'ailleurs été prié par l'autorité de régulation des télécoms d'accélérer le développement de son réseau dans les zones blanches.

Cependant, au 1er octobre 2016, 91 % de ces zones blanches ont déjà été résorbées. Dans notre région, quatre subsistent.

À plus long terme, d'autres plans de déploiement du haut débit (4G notamment) sont en cours.

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