Jean-Louis Trintignant à Orléans pour six représentations

Jean Louis Trintignant / © Anne-Christine Poujoulat / AFP
Jean Louis Trintignant / © Anne-Christine Poujoulat / AFP

L'acteur et comédien Jean-Louis Trintignant est attendu sur les planches du Cado le 24 septembre pour une série de six représentations de son récital poétique "Trois poètes libertaires du 20e siècle".

Par Ch.L avec AFP

"J'ai joué beaucoup de pièces, peut-être une centaine mais c'est celle-là que j'aime le plus" a confié Jean-Louis Trintignant  à nos confrères de Nice matin. 
Dans son dernier spectacle  "Trois poètes libertaires du XXe siècle", il égrène des poèmes de Vian, Desnos et Prévert. " des poètes d'une incroyable résonance aujourd'hui. Ils parlent de choses graves mais toujours de façon légère".  ►plus d'infos sur le site du Cado

Dernières représentations pour Jean-Louis Trintignant ?


L'acteur français qui fêtera ses 83 ans en décembre a annoncé lundi dans le quotidien Nice Matin qu'il mettrait un terme à sa longue carrière à Antibes début octobre, après l'ultime représentation de son récital. " Je suis très vieux et j'ai du mal à me déplacer. Alors après ces deux dernières représentations, je ne fais plus rien. Ni théâtre, ni cinéma. Place aux jeunes" a indiqué le comédien. Jean-Louis Trintignant tire sa révérence ? Pas si sûr. Interviewé hier par le Figaro alors qu'il était en route pour Orléans, le comédien a affirmé "avoir encore des projets plein la tête et des engagements à honorer à Vannes"  après Antibes.

Faux adieux au cinéma
 

Jean-Louis Trintignant avait accepté de sortir de sa retraite cinématographique pour "Amour" de Michael Haneke, film couronné par la Palme d'Or au Festival de Cannes 2012, puis par l'Oscar du meilleur film étranger. "Je ne voulais plus faire de cinéma, seulement du théâtre", avait déclaré Trintignant en 2012 à Cannes avant de conclure: " Mais Haneke est l'un des plus grands cinéastes du monde, c'était une opportunité. Je n'en ferai plus d'autre ". Sait-on jamais...





Etranges étrangers - Jacques Prévert 1955

         Etranges étrangers      

         Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
        hommes de pays loin
        cobayes des colonies
        doux petits musiciens
        soleils adolescents de la porte d'Italie
        Boumians de la porte de Saint-Ouen
        Apatrides d'Aubervilliers
        brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
        ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
        au beau milieu des rues
        Tunisiens de Grenelle
        embauchés débauchés
        manoeuvres désoeuvrés
        Polaks du Marais du Temple des Rosiers
        Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
        pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère
        rescapés de Franco
        et déportés de France et de Navarre
        pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
        la liberté des autres

        Esclaves noirs de Fréjus
        tiraillés et parqués
        au bord d'une petite mer
        où peu vous vous baignez
        Esclaves noirs de Fréjus
        qui évoquez chaque soir
        dans les locaux disciplinaires
        avec une vieille boite à cigares
        et quelques bouts de fil de fer
        tous les échos de vos villages
        tous les oiseaux de vos forêts
        et ne venez dans la capitale
        que pour fêter au pas cadencé
        la prise de la Bastille le quatorze juillet

        Enfants du Sénégal
        départriés expatriés et naturalisés

        Enfants indochinois
        jongleurs aux innocents couteaux
        qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
        de jolis dragons d'or faits de papier plié
        Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
        qui dormez aujourd'hui de retour au pays
        le visage dans la terre
        et des bombes incendiaires labourant vos rizières
        On vous a renvoyé
        la monnaie de vos papiers dorés
        on vous a retourné
        vos petits couteaux dans le dos

        Étranges étrangers

        Vous êtes de la ville
        vous êtes de sa vie
        même si mal en vivez, même si vous en mourez .

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