Brétigny-sur-Orge : la catastrophe ferroviaire causée par la “vétusté” des rails selon une nouvelle expertise

© @remycatinois
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La catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, qui a fait sept morts et des dizaines de blessés en 2013, a été causée par la "vétusté" des rails, et non pas par un défaut imprévisible de l'acier, selon une nouvelle expertise métallurgique.

Par Aurélia Abdelbost avec AFP

Une nouvelle expertise met en cause la vétusté des équipements pour expliquer le déraillement du train Paris-Limoges à Bretigny-sur-Orge, qui a fait 7 morts et des dizaines de blessés en 2013.

"Le système de défense de la SCNF s'écroule"


L'expert écrit que les fissures observées sur l'aiguillage qui a provoqué le déraillement "proviennent d'un ensemble de désordres sur la TJD (l'aiguillage, ndlr) (manques de pièces, desserrages, danses des bois...) qui témoignent d'une certaine vétusté des différents éléments en présence". 

"C'est cet ensemble de désordres qui, associé aux sollicitations en service (passages de trains), a provoqué l'amorçage et la propagation des fissures", ajoute-t-il.

"Aujourd'hui le système de défense de la SNCF s'écroule", lâche Thierry Gomes, président de l'association Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny (EDVCB) et habitant à Ingré. 

Depuis cinq ans, les experts judiciaires ont constamment expliqué la catastrophe par un défaut de maintenance alors que la SNCF a privilégié le scénario d'une fissuration rapide, brutale et imprévisible.
 

L'avocat de la SNCF, Emmanuel Marsigny, a refusé de commenter cet extrait du nouveau rapport. "Il s'agit d'une page, quelques paragraphes, sur un rapport qui en fait plus de 80 et qu'aucune des parties n'a encore reçu", a-t-il déclaré. 
 

5 ans après, le traumatisme toujours présent pour les victimes



La compagnie ferroviaire et SNCF Réseau (ex-RFF, gestionnaire du réseau ferré) sont actuellement mis en examen en tant que personnes morales, tous deux pour homicides et blessures involontaires. Une situation qui ne satisfait pas les victimes, qui réclament la mise en cause de personnes physiques.

C'est l'avis du président d'EDVCB : 

On ne peut pas se contenter de mettre en examen seulement des personnes morales, il y a des responsables de terrain qui dirigent les équipes de maintenance, insiste-t-il.


Thierry Gomes explique que les parties ont encore deux mois pour demander des enquêtes supplémentaires et que si rien n'est demandé, le juge d'instruction devrait clôturer le dossier, ouvrant la voie vers le procès. 
 

Peut-être que le procès aura lieu en 2019, nous l'espérons. Nous demandons à savoir la vérité et qui sont les responsables. 


La catastrophe a eu lieu il y a un peu plus de cinq ans maintenant mais "le traumatisme est toujours présent. Tant qu'il n'y a pas eu de procès il est difficile pour les victimes de se reconstruire", souligne le président de l'association, lui même famille de victimes.

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