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Bourges candidate : qu'est-ce qu'être Capitale Européenne de la Culture ?

L’ancien député PS, Yann Galut, devait lancer ce mercredi, un comité de soutien pour faire de "Bourges la capitale européenne de la culture en 2028". Une annonce pour l'heure reportée. Mais qu'est-ce qu'une capitale européenne de la culture ? Quelles retombées économiques pour Bourges ? 
Bourges fera-t-elle rayonner la culture en 2028 ? L’ancien député socialiste Yann Galut compte en tout cas lancer le comité de soutien qui encadrera sa candidature au titre de Capitale Européenne de la Culture (CEC).

C'est un événement international bien connu des Européens, qui met en fête toute une ville pendant un an, avec un enrichissement du programme mais aussi du patrimoine culturel. On ignore pourtant beaucoup du fonctionnement du dispositif. France 3 Centre vous explique. 

Une idée déjà trentenaire


Le concours a été créé en 1985, à l'initiative de la ministre Grecque de la Culture, Melina Mercouri. Elle obtient rapidement le soutien de son homologue Français Jack Lang. Athènes sera d'ailleurs la première ville couronnée de ce titre. Le but : mettre en valeur la richesse culturelle de l'Europe, et créer des ponts entre ses habitants.

C'est la Commission Européenne (CE) qui organise et décerne le prix, assistée par un groupe d'experts issus des milieux de la culture. Plus de cinquante villes ont été auréolées du titre depuis sa création. Depuis dix ans maintenant, deux Capitales sont désignées par an. 

Si, au début, le dispositif mettait à l'honneur des grandes capitales, il s'est démocratisé en vieillissant, en incluant des villes plus petites et moins connues en Europe. La France a déjà été quatre fois honorée : Paris en 1989, Avignon en 2000, Lille en 2004 et Marseille en 2013. 


L'appel à candidature est lancé six ans avant la remise du titre, et la désignation quatre ans avant. Un délai qui paraît long, mais logiquement lié aux exigeants critères de sélection de la Commission Européenne. 

Comment choisit-on ? 

Devenir Capitale de la culture, c'est en effet loin d'être aisé ! La CE demande "d'avoir une stratégie culturelle opérationnelle, liée à la stratégie de développement de la ville." 

Outre cette ligne directrice plutôt évidente, est également exigé :

- l'engagement des citoyens de la ville car, remarque la CE dans un document explicatif, "beaucoup de candidatures impliquent les écoles, les universités, (...), les associations" 
- l'engagement et le soutien du secteur privé 
- le recrutement d'une équipe dédiée
- la construction de monuments 
- établir des connexions avec le monde culturel européen. 

Le titre est pensé comme un investissement sur la durée, ce qui ajoute logiquement encore une pelletée de critères d'évaluation dont principalement la prise en compte de l'impact culturel, social et économique au long terme, et la capacité à honorer son projet initial. 

Des retombées en demi-teinte


Les villes candidates au titre investissent en général des sommes colossales : 98 millions d'euros pour Marseille, par exemple. Et le chèque de soutien de l'Union Européenne est plutôt modeste : 1.5 millions d'euros par ville. 

De tels investissements s'engagent évidemment dans l'espoir de retombées, notamment économiques. Sur ce point, il faut distinguer les retombées à court terme et les effets à long terme. 

Sur le plan du court terme, difficile de pinailler sur le succès de l'événement. La Commission Européenne le vante à longueur de plaquettes. "Chaque euro d'argent public investi à Mons (capitale de la culture 2015), a généré environ 6 euros au profit de l'économie locale." expose par exemple l'institution dans un document bilan. 

Elle cite aussi Pécs, distinguée en 2010, qui a enregistré une augmentation de 27% de nuitées réservées dans la ville. Marseille, pour sa part, a attiré 11 millions de visiteurs. Lille a vu des événéments ponctuels se pérénniser, comme le dispositif Lille 3000, reconduit tous les deux ans. 


Au long cours, la CE se fait plus modeste. Dans une étude dédiée aux impacts à long terme du dispositif, elle remarque : "Les preuves du bénéfice à long terme (au sens des effets qui peuvent être clairement reliée au processus d'accueil comme CEC plus d'un an après sa clôture) sont limitées. On note une absence significative de preuves d'effets directs plus de trois ans après." 

Pour synthétiser, sur le plan économique, la CE note des embellies qu'elle ne croit pas dûes au hasard, mais qu'elle ne peut pas associer catégoriquement à la tenue de l'événement.

D'autres types de retombées ont en revanche de meilleurs indicateurs : l'impact sur la régénération urbaine, par exemple, avec la construction et la rénovation de monuments. Le titre aurait aussi un effet très positif sur l'image de la ville. Glasgow, notamment, serait passée du statut de "l'une des villes à la pire réputation au Royaume-Uni à une ville totalement acceptée comme l'un des leaders du hub de l'industrie créative"



Un bilan qui donne tout de même plutôt envie d'être choisi ! La ville a déjà une concurrente : Clermond-Ferrant sera également candidate. 
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