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PORTRAIT. Flavie Laborie, Deus ex machina : à Bourges, elle a fondé l'entreprise Roboethic

Flavie Laborie, cofondatrice de Roboethic, au salon Human Tech Days de Tours / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Flavie Laborie, cofondatrice de Roboethic, au salon Human Tech Days de Tours / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Dix ans déjà que Flavie Laborie, 36 ans, mûrit son projet. Depuis 2016, elle est à la tête de Roboethic, l'entreprise qu'elle a cofondée.

Par Yacha Hajzler

"J'aime le fait de me dire que je vais peut-être faire partie de ces gens qui vont aider la société à évoluer." A 36 ans, Flavie Laborie peut commencer à souffler.

En 2016, elle a cofondé Roboethic, une société berruyère qui crée les programmes dédiés aux robots d'assistance aux particuliers. L'idée, elle a l'a eue il y a 10 ans, déjà. "Ma grand-mère était équipée d'une "présence verte". Un jour elle est tombée, et on ne saura jamais vraiment pourquoi mais il n'a pas fonctionné. Elle est restée une demi-heure par terre, avec le col du fémur cassé."
 

Le déclic japonais


La jeune femme s'en rend rapidement compte : en France, il n'existe pas d'outils plus adaptés. "Donc je suis allée dans un pays qui a pris conscience que sa population vieillit depuis déjà longtemps  : le Japon, raconte l'entrepreneuse. J'ai découvert qu'ils utilisaient déjà beaucoup la robotique pour accompagner les personnes qui perdaient de l'autonomie."

Elle se renseigne et là, surprise. La plupart des entreprises qui fournissent ces robots sont... françaises. "J'ai pris les noms des grands labo et, en revenant, je leur ai dit que c'était dommage de faire en France de si belles choses dont on ne bénéficie même pas sur le marché." Puisque c'est comme ça, elle le fera elle-même.
 

Une vraie découverte pour elle qui n'a "rien de fou", simplement un double master commerce et communication. "La robotique n'est jamais intervenue dans mes études, elle est venue quand je cherchais une solution à un problème. Mais si on est passionné de trouver quelque chose, en général, on fait l'effort de se plonger à 100% dedans."
 

Leader du marché


Mais même en plongeant, certaines choses restent cryptique, comme le langage informatique. C'est là qu'intervient Gaël Valerio, cofondateur de Roboethic, et ingénieur de métier. "Il était indispensable", tranche la jeune femme.

Grâce à leurs deux savoir-faire, les chiffres des bilans annuels sont chaque fois plus satisfaisants. "On est la société qui a l'offre la plus importante de robotique sur le marché français. On a une vingtaine de robots établis, et une soixantaine en commande possible."
 

Après avoir lancé leur entreprise sur le marché plus demandeur des entreprises, Gaël Valerio et Flavie Laborie ont enfin pu attaquer le coeur de cible initial du projet : les particuliers. "On revient d'un salon des seniors, le salon Bel âge, on a eu beaucoup de retours positifs. Les gens ont un réel intérêt pour ce genre de projets" savoure la fondatrice.
 

"Vous avez fait vos petits chiffres toute seule ?"


Mais Gaël Valerio, au regret de Flavie Laborie, a eu une autre utilité qui n'a rien à voir avec ses compétences. "Tous les rendez-vous fabricants, fournisseurs, tout ce que vous voulez, j'ai jamais rencontré de femmes ! Je pense que le fait de commencer à bien connaître les acteurs du marché m'a permis d'asseoir mon sérieux, mais ce qui les rassure, c'est que j'ai monté ma société avec un homme ingénieur. On me l'a complètement fait comprendre."

Elle nuance, le clivage entre les générations est certain. Les hommes plus jeunes se permettent rarement ce sexisme frontal. Mais, comme le dit Flavie Laborie, elle a souvent eu affaire à des hommes d'un âge certain lui aussi.

"J'ai vu une publicité très drôle, il y a pas longtemps, où une dame présente son business plan et on lui dit "Et vous avez fait vos petits chiffres toute seule ?" Et j'ai tellement été confrontée à ça, mais mille fois ! Vous avez beau sortir d'une école de commerce et avoir bossé cinq ans sur "vos petits chiffres".
 

Elle qui "rêve" de voir plus de femmes dans son milieu a eu la déception de n'avoir aucune candidature féminine lorsqu'elle a recruté, en 2018, pour la direction commerciale de son entreprise. "Directeur commercial bon, j'étais pas la seule fille de mon école de commerce quand même ! Le domaine n'a pas attiré de femmes, j'ai l'impression."

La réussite de Flavie Laborie, elle, en attirera peut-être.
 

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