VIDÉO. Des caméras pour traquer et identifier les auteurs de dépôts sauvages

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Des caméras pour éviter les dépôts sauvages à Bourges. Reportage C. Durchon / V. Billy ©France télévisions

Pendant six mois, la ville de Bourges expérimente des caméras capables d’identifier les auteurs de dépôts sauvages dans plusieurs points stratégiques de la ville. Déjà efficace, le système devrait être pérennisé dans toute la ville. Si cela n’était que de la prévention, il s’agit désormais de verbaliser.

Un lave-vaisselle, un meuble, un pneu… On parle souvent de dépôts sauvages en milieu rural. En bord de route ou dans des endroits à l’abri des regards, certains n’hésitent pas à jeter délibérément des objets dont la place est en déchetterie plutôt qu’en pleine nature.

Un fléau désormais aussi visible en ville, principalement à proximité des points d’apports volontaires logiquement désignés pour jeter le verre. Laurent Planchon, éco-garde et policier municipal à Bourges en fait le constat, dans cette rue en face du Creps : « Il y a vraiment de tout, de la poubelle de table jusqu’au canapé… La dernière fois, il y avait même une clim. Les gens ne savent pas quoi en faire, alors ils les déposent ici et s’en vont. »

Pour lutter contre ces dépôts, la ville et la police municipale ont désormais un nouvel allié : des caméras capables de détecter les infractions. « On a trouvé un système innovant associé à un algorithme et donc à l’intelligence artificielle qui nous permet aujourd’hui de faire le tri entre ce qui est dépôt régulier et ce qui est incivilité. » déclare Mustapha Mousalli, maire adjoint à la sécurité, à la propreté urbaine et à l’hygiène. Si le dépôt n’est pas conforme, l’enregistrement se déclenche.

En réalité, deux caméras sont installées sur trois sites différents : « C’est un système avec deux caméras : une qui filme la route, et une autre qui filme le point d’apport volontaire. Il y a également un système d’infrarouge pour pouvoir enregistrer les images de nuit » ajoute Mustapha Mousalli.

La ville a investi 22 000€ pour la phase de test de six mois, qui s’étend jusqu’au mois de mars 2024. Mais elle compte déjà étendre et pérenniser ces installations qui sont mobiles et qui peuvent donc être déplacées sur d’autres points identifiés comme étant sensibles.   

Identifier les contrevenants pour verbaliser

À chaque dépôt sauvage, une alerte est envoyée à la police municipale via une notification. L’incivilité est ensuite directement visionnée sur les écrans. Eric Pagenaud, responsable de la police municipale de Bourges n’est presque plus surpris des images qu’il découvre : « On y voit parfois des personnes déposant des matelas, des canapés, des sacs de déchets, des gravats ou encore de l’électroménager, en toute impunité. »

La législation permet de retrouver le propriétaire du véhicule à l’aide de l’immatriculation. Dès lors, une procédure peut s’engager. Si jusqu’à maintenant, cela n’était que de la prévention, la municipalité indique vouloir sévir : « Désormais, nous envoyons les amendes et ces personnes auront une triste nouvelle dans leur boîte aux lettres. »

Depuis la mise en place des caméras en octobre 2023, 156 personnes ont été identifiées pour être verbalisées avec des amendes pouvant aller de 200 à 150 000€ pour les dépôts excessifs. « Avec Mr le maire, on pense même que sur certains dépôts exagérés, on ira en justice. », ajoute Mustapha Mousalli. 

Des installations bien accueillies par les riverains  

L’un des points d’apports où sont situées les caméras se trouve dans une zone résidentielle avec plusieurs maisons pavillonnaires. Une habitante découvre le dispositif : « C’est une bonne idée, ça va peut-être faire réfléchir les gens. On apprend à nos enfants à respecter la planète et là, ce n’est pas du respect. Les personnes qui habitent juste en face se retrouvent parfois avec des déchets qui volent dans leur jardin. »

Sur un autre site de la ville, une riveraine observe avec dépit un sac de courses sûrement déposé la veille ou l’avant-veille : « C’est une excellente idée de punir et verbaliser les personnes, il y a des endroits pour déposer tout ça. Le tri, l’écologie, l’environnement… ce sont quand même des sujets d’actualité dont on parle souvent, mais il y a malheureusement des incivilités qui perdurent et qui grandissent. » 

Le nombre d’incivilités en baisse

Les caméras ont déjà commencé à en dissuader certains tentés de déposer leurs déchets sauvages : « Durant le premier mois (octobre), nous avions recensé 92 dépôts illégaux. Désormais, en trois mois, nous sommes à 150 dépôts. Nous constatons une nette diminution. », ajoute Eric Pagenaud, « Les gens ont pris conscience qu’aujourd’hui, ils peuvent être identifiés et verbalisés. » Elles seront complétées par la suite par un autre système, encore en gestation.

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