Eure-et-Loir : en léger retard dans la vaccination des plus de 80 ans, la préfecture compte sur le vaccibus

Alors que le taux d’incidence et que le nombre d’hospitalisations augmentent dans le département, la préfecture d’Eure-et-Loir continue ses efforts pour poursuivre la campagne vaccinale en plein été, notamment à destination des plus de 80 ans, moins vaccinés que dans le reste de la région.
Injection d'une dose de vaccin contre la Covid-19. Photo d'illustration
Injection d'une dose de vaccin contre la Covid-19. Photo d'illustration © DoroT Schenk / Pixabay

Alors que se pose aujourd’hui la question de la vaccination des jeunes, ouverte depuis le 15 juin aux 12-17 ans, la préfecture d’Eure-et-Loir est plutôt satisfaite des derniers chiffres. D'après l'Agence régionale de santé Centre-Val de Loire (ARS), “sur les 12-17 ans et les 18-24 ans, l’Eure-et-Loir se situe nettement au-dessus de la moyenne régionale.

En effet, quand on regarde les chiffres de Santé Publique France en date du 25 juillet, la différence est notable : 43,5% des 12-17 ans du département ont déjà reçu une dose, soit neuf points de plus que la moyenne régionale qui s’élève à 34,4%. Même tendance du côté des 18-24 ans : 71,4% des jeunes Euréliens sont partiellement vaccinés, contre 62% des jeunes Centrais.

Malgré cet élan, la préfète Françoise Souliman garde toujours en tête son projet de tombola, pour faire gagner des abonnements à la piscine ou dans un club de sport, contre la vaccination. “On va probablement la mettre à partir du 8 août sur le centre de Chartres dans un premier temps”, a-t-elle lancé. 

"Cela nous étonne"

Là où les services de l’Etat sont davantage préoccupés, c’est sur la vaccination des personnes âgées, notamment des plus de 80 ans. Ils ont été la première tranche d’âge de la population à pouvoir se faire vacciner. Pourtant, le pourcentage stagne. 

Il nous reste encore, et cela nous étonne, 20% des plus de 80 ans qui ne sont pas vaccinés”, admet la préfète. Soit trois points de moins que la moyenne régionale. 

Pour tenter d'avoir un impact sur ces 20% restants, elle compte sur le vaccibus, en l’installant notamment sur les marchés : “On sait que ce sont des endroits où il y a souvent des personnes âgées, et c’est aussi cette cible-là qu’on souhaite vraiment toucher.

"Pas au courant de la vaccination"

Aussi cette cible, car ce n’est pas la seule : Françoise Souliman vise aussi “les gens des quartiers les plus éloignés d’un parcours de santé traditionnel”. C’est d’ailleurs dans un quartier de ce type, à Dreux, que le vaccibus a fait sa première escale vendredi dernier.

150 personnes sont venues, elles ont trouvé cette idée intéressante, se félicite la préfète. Le chiffre de 150 peut paraître modeste, mais il s’agit de personnes qui parfois n’étaient même pas au courant de la vaccination, malgré le battage médiatique. Ce sont surtout des gens qui ne seraient jamais allés dans le centre de vaccination qui est pourtant proche.

Pour certaines populations il faut vraiment aller au pied de l’immeuble, parce que c’est là qu’ils prennent conscience des choses.

Françoise Souliman, préfète d’Eure-et-Loir

 

Une vingtaine d'opérations

C’est dans cet esprit que le vaccibus va s’installer en août dans des quartiers, mais aussi dans des rassemblements, dans des centres de loisirs jeunesse, et dans certains secteurs géographiques lors d’une vingtaine d’opérations (voir le calendrier non exhaustif en fin d’article).

On est plutôt bien couvert dans le Perche, le Dunois, moins bien sur le Drouais, aux Portes Euréliennes et autour de Chartres notamment sur Lucé et Mainvilliers, souligne la préfète. D’où nos opérations.

Avec une couverture vaccinale 5 à 6 points inférieure au pourcentage départemental, l’agglomération de Dreux est la zone la moins vaccinée. L’ARS explique ce retard notamment par le fait que sa population est plus jeune que dans le reste de l’Eure-et-Loir, et n’a pu commencer à se faire vacciner qu’en juin.

De 27.000 à 17.000 doses

Si la préfecture intensifie la vaccination itinérante, elle diminue cependant un peu le rythme dans les centres. Celui de Châteaudun va fermer provisoirement à partir du 4 août, pour la reprendre le 3 septembre.

Ceux de Chartres, Dreux et Nogent-le-Rotrou maintiennent leur activité, mais avec un nombre de doses plus faible. L’ARS et la préfecture se veulent néanmoins rassurantes, en promettant une “forte activité vaccinale cette semaine : on a encore 27.000 doses proposées”. 

A partir du 2 août, le nombre de créneaux hebdomadaires descendra à 17.000.On est en parfaite adéquation, assure la préfète. Avant on n’avait pas assez de doses et du monde ; à un autre moment on avait des doses et pas assez de monde. Là, on a des doses et du monde, c’est la situation la plus confortable pour nous.

Equipes usées et "no show"

Cette diminution dans le cadre des vacances est une façon aussi de gérer deux paramètres : “les équipes soignantes usées” qui ont besoin de se reposer d'une part ; et les “no show” d'autre part - des personnes qui avaient pris rendez-vous, se sont fait vacciner ailleurs entre temps et ont oublié d’annuler le créneau ultérieur. Ce phénomène est en augmentation d'après l'ARS.

Les doses ne seraient pas pour autant gâchées. “Sur Chartres, des nouveaux rendez-vous sont proposés tous les jours sur Doctolib, donc la population ne doit pas hésiter à consulter très régulièrement dans la journée”, incite l’ARS.

Calendrier prévisionnel du vaccibus 

  • Samedi 31 juillet : Saint-Rémy-sur-Avre
  • Dimanche 1er août : marché de Lucé
  • Jeudi 5 août : marché de Mainvilliers
  • Samedi 7 août : opération au centre commercial de Barjouville
  • Dimanche 15 août : sur l’esplanade de la cathédrale de Chartres.

Liste non exhaustive. Source : préfecture d’Eure-et-Loir

 

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