Mainvilliers : être maire d'un village de campagne en Eure-et-Loir, Jean-Jacques Châtel raconte son expérience

A travers l'expérience du maire de Mainvilliers, Jean-Jacques Châtel, retour sur 20 ans de vie municipale marquée par l'urbanisation, le social et la naissance de l'agglomération chartraine.

Portrait de Jean-Jacques Châtel. Le maire sortant ne se représente pas, mais il nous livre son expérience d'élu local en Eure et Loir.
Portrait de Jean-Jacques Châtel. Le maire sortant ne se représente pas, mais il nous livre son expérience d'élu local en Eure et Loir. © France Télévision Nathanaël Lemaire
De son Berry natal, Jean-Jacques Châtel a conservé sa connaissance du monde rural. C'est après des études à Châteauroux et Orléans, qu'il deviendra professeur de mathématiques au lycée Jehan de Beauce de Chartres. En 1978, il adhère au Parti socialiste derrière Michel Rocard et se tient éloigné "des luttes d'appareils qui ne me conviennent toujours pas". Élu conseiller municipal de Mainvilliers dans une ville à gauche depuis 70 ans, il devient adjoint en 1989 puis maire en 2001, réélu en 2008 et 2014. Il ne sera pas candidat aux élections municipales de 2020.

Mainvilliers, entre ville et campagne 

Mainvilliers, avec 11 500 habitants est la sixième commune d'Eure-et-Loir et voit sa population croître. Une démographie liée à la proximité avec la gare de Chartres et une politique de densification urbaine à la lisière de la campagne. Avec 40 % de logements sociaux, des espaces verts, des jardins et encore des agriculteurs, le journal municipal évoque une commune entre "ville et campagne" dans l'agglomération de Chartres.
 
Durant ses années de mandat de Maire, Jean-Jacques Châtel a vu la sociologie de sa ville se modifier.

Les nouveaux habitants ont de fortes attentes en terme de service municipaux et d'infrastructures comme pour une grande ville.

"Si la politique de rénovation urbaine est financée en grande partie par des dotations de l'état à travers l'Agence Nationale de la Rénovation Urbaine, le budget municipal a du mal à financer les nouveaux équipements publics attendus par la population." 

 


Les finances, un combat permanent 

Le maire sortant avoue qu'il est astreint à une extrême rigueur budgétaire et à une recherche permanente de financement et se plaint du peu de solidarité de l'agglomération chartraine."Notre difficulté, à Mainvilliers, c'est que l'on est une commune plutôt pauvre en ressource fiscale et qu'avec l'agglomération, on reste pauvre. L'état fait une péréquation qui compense nos faibles ressources, ce que ne fait pas l'agglomération de Chartres".

Pris entre le désengagement de l'Etat et son faible poids dans l'agglomération au regard de la pauvreté de sa population, Mainvilliers a vu sa dotation de solidarité baissée de 100.000 euros avec la création de la communauté d'agglomération. La commune fonctionne avec un budget de 12 millions d'euros et présente un investissement de 6 millions par an. "On arrive quand même à satisfaire les demandes de la population" précise jean-Jacques Châtel, "mais ce serait bien que l'on ait plus de personnels municipaux pour pouvoir rendre le service publique attendu par la population sur l'éducation, le péri-scolaire, la culture".

Jean-Jacques Châtel  nous explique comment gérer une mairie dans une communauté d'agglomération : (VIDEO)

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Quelle solidarité dans l'agglomération ? ©France Télévision

 

Être élu de proximité c'est être un "acteur de la vie publique"

De ses mandats de Maire, Jean-Jacques Châtel gardera un souvenir heureux :"on a vraiment l'impression d'avoir une action avec ce mandat, de concrétiser des projets en étant un acteur de la vie publique". De ses années à présider le Conseil municipal de Mainvilliers, il se souviendra aussi  " de ses contacts avec les administrés, avec les associations et tous ceux qui ont eu envie de faire des choses avec nous. Ce travail en équipe est très plaisant".

Maire : une fonction passionnante et prenante nous explique Jean-Jacques Châtel (VIDEO).

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Etre Maire ©Nathanael Lemaire

A 67 ans, Monsieur le Maire quitte ses fonctions serein, sa première adjointe reprend le flambeau et partira aux élections municipales de 2020 avec une liste "d'unions de la gauche".

Il se retire de la vie municipale pour se consacrer à sa vie de famille avec le sentiment d'avoir donné le meilleur de lui-même dans cette fonction élective : " J'ai bien donné et je lègue une ville en pleine mutation avec la rénovation urbaine en cours. S'il y a continuité politique après moi, je serai content".


CARTE INTERACTIVE : retrouvez les portraits des maires de nos villages en cliquant sur leur photo. 



 

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