Municipales : c'est la fin des étiquettes dans les petites communes, “le vote de 19 Millions de Français sous silence”

© Romain Boulanger - max ppp
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"Mesure purement électoraliste", "lourde atteinte à la démocratie": le Parti socialiste et le Rassemblement national ont fustigé jeudi la fin annoncée de l'attribution d'une couleur politique aux candidats des petites communes lors des municipales de mars 2020.

Par Fabienne Marcel avec AFP

Le seuil en termes de nombre d'habitants d'une commune en dessous duquel l'attribution d'une couleur politique ne sera plus obligatoire est en cours d'arbitrage au ministère de l'Intérieur.
Evoquant un système actuel "pas forcément adapté" pour ces communes - avec un seuil à 1.000 habitants -, le ministre Christophe Castaner a indiqué mercredi qu'il pourrait être "parfaitement envisagé de fixer un seuil, à 3.500 à 9.000 habitants, en deçà duquel l'appartenance politique aux grands courants politiques que nous connaissons n'est pas indispensable".

Le ministère de l'Intérieur fait valoir que l'attribution d'étiquettes dans ces communes "s'avère de plus en plus difficile" avec "des listes qui se revendiquent comme apolitiques ou citoyennes".

Dans un communiqué, le PS a déploré un "tour de passe-passe électoral grossier": "les électrices et électeurs ont le droit de savoir pour qui ils votent !", a-t-il lancé.
A six mois des municipales, le parti voit dans ce projet une stratégie de la majorité pour "faire un coup double": LREM, en manque de "candidats en nombre satisfaisant", "dissimule son incapacité à se faire correctement représenter" en mars 2020. "Et là où il en présentera, il espère, par la dissimulation, pouvoir échapper à la sanction" des électeurs.

Au RN, Gilles Pennelle, directeur de campagne du parti pour les municipales, s'est dit  "totalement opposé" à cette mesure "purement électoraliste", destinée à "masquer la déroute prévisible de LREM" à ce scrutin.
"Dans ces communes de moins de 9.000 habitants, LREM sera inexistante. En voulant dépolitiser les candidats, il y a une volonté de masquer la déroute prévisible de LREM", a-t-il affirmé à l'AFP.

A droite, Olivier Marleix, député LR d'Eure-et-Loir, fait la même analyse. "Comment essayer de masquer une future claque de LaREM aux élections municipales ? Ne plus prendre en compte les petites communes majoritairement à droite", a-t-il tweeté. "C’est le vote de 19 Millions de Français qui sera passé sous silence !" s'est-il encore exprimé. 

En 2013, l'abaissement du seuil du scrutin de liste aux communes de 1.000 habitants et plus a de facto augmenté le nombre de candidats concernés par cette disposition. Or, sur fond de crise des vocations, des élus locaux et des associations s'étaient alarmés du maintien de cette attribution restée à la main de l'administration préfectorale.
 

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