En Touraine, un camion itinérant près de chez vous pour réparer plutôt que jeter

Publié le Mis à jour le
Écrit par Thomas Hermans avec Philippe Tanger

Hugues Grenouillat sillonne depuis mai les routes de l'ouest de l'Indre-et-Loire, à bord d'un vieux camion récupéré. Sa philosophie : lutter contre l'obsolescence programmée et le consumérisme, et retrouver le contact avec les clients, près de chez eux.

Fers à repasser, aspirateurs, radios-réveils, et même ordinateurs : aucun appareil en panne ne résiste longtemps aux efforts de Hugues Grenouillat. À bord de son camion Citroën vintage de 1968, il répare les objets défectueux que lui apportent les habitants de Touraine. Depuis la mi-mai, il sillonne l'ouest de l'Indre-et-Loire, pour aller au plus près des clients en zone rurale, là où les SAV ne sont pas la porte à côté.

Son planning est bien organisé : le mercredi à Azay-le-Rideau, le vendredi sur le marché de Ballan-Miré, le lundi à Langeais, et le mardi sur le parking du restaurant La Bodega à Montbazon. Ce 9 août, il y reçoit la visite de nombreux habitants, venus lui apporter quelques bricoles à rafistoler. "On a des trucs qui marchent pas, et grâce à lui on les réutilise au lieu de les mettre à la benne", constate un client. "Avant, on jetait et on achetait du neuf, alors que c'est une pièce qui va valoir 10 euros", se souvient une dame, venue avec son aspirateur capricieux.

Là est bien la philosophie de Hugues Grenouillat : la lutte contre l'obsolescence programmée et la surconsommation. "Jeter, on a plus les moyens de se le permettre, donc je voulais amener le dépannage pour tout le monde", explique-t-il, dans une démarche mi économique, mi écologique. Et dans une ruralité qui manque cruellement de services de proximité, "les structures de dépannage sont dures à trouver". Il propose donc son service itinérant, et à moindre coût : le devis est à 15 euros, déduits ensuite du prix de la réparation. "Si vous me déposez un appareil lundi à Langeais, vous pouvez le récupérez le lundi d'après si j'ai les pièces à temps", estime-t-il. Enfin, en temps normal. En ce moment, avec une belle quantité de travail sur les bras, il mise plutôt sur les deux semaines de délai.

Retrouver le contact

Hugues Grenouillat connaît son métier : pendant 10 ans, il a travaillé au service après vente d'une enseigne de grande distribution. Là-bas, une lassitude désenchantée s'est installée, à force de perdre le contact avec ses clients : "Aujourd'hui, vous vous enregistrez sur internet, quelqu'un récupère le produit et le redépose après. Entre les deux, on perd l'échange entre la personne qui a réparé et le client. Et sans ça, ce n'est pas du SAV pour moi.

Désormais, avec son camion, Hugues a renoué le lien, ce qui ravit ses nouveaux clients. "Il y a un côté convivial, on est directement en face de la personne, on le voit faire devant nous", se réjouit un particulier. Le réparateur pouce même l'initiative un cran au-dessus : il réserve tous ses jeudis aux déplacements à domicile, pour les équipements trop volumineux.

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