Confinement : le CHU de Tours rappelle l'existence du numéro d'aide aux personnes "troublées par les enfants"

Co-créateur et région-test d'un programme qui devrait être nationalisé d'ici 2021, le CHU tient à rappeler l'existence de son numéro gratuit à destination des personnes "troublées par les enfants".
"Si le huis-clos familial imposé par le confinement augmente les risques de violences au sein des familles, il en est malheureusement de même concernant l'inceste" s'inquiétait Françoise Laborde, le 9 avril. La sénatrice demandait au gouvernement la mise en place d'une campagne de sensibilisation équivalente à celle menée sur la thématique des violences conjugales.

A la même date, c'est le groupe France Insoumise qui fait part de ses craintes et rappelle que, en 2015, un sondage réalisé pour l'Association Internationale des Victimes de l'Inceste estimait à 4 millions le nombre de français survivants de cette violence. Depuis le début du confinement, les chiffres des violences dites intrafamiliales ont augmenté de 30% au moins à travers la France, selon le ministre de l'Intérieur.
 

"Troublé par les enfants" ? Parlez-en


C'est dans ce cadre que le CHU de Tours tient à rappeler l'existence du 0 806 23 10 23. Co-développé par les équipes du Centres Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles (CRIAVS) de l'hôpital, il est expérimenté depuis novembre 2019 dans six lieux pilotes, dont Tours.

Le 0 806 23 10 23 est une plateforme d'écoute destinée aux adultes qui se sentent "troublés par les enfants", afin de les orienter vers un parcours de soin avant le passage à l'acte. "Un certain nombre de ces personnes sont partagées entre la honte que leur inspire leur attirance sexuelle pour les mineurs, et l'envie de passer à l'acte. Elles peuvent alors se retrouver dans une grande détresse et une immense solitude" selon une psychologue-sexologue interrogée par l'Express.
 

Des malades, pas des monstres


Même si le soin des auteurs de violences est toujours une question très taboue, le but est avant tout d'éviter des victimes supplémentaires. L'association l'Ange Bleu, qui se consacre à la problématique des violences sexuelles sur les enfants rappelle qu'il existe "trois catégories de pédophiles". D'abord les pédophiles actifs, "qui sont prêts à passer à l’acte" ou en recherche l'occasion. Les pédophiles passifs, inhibés par la peur du rejet de leurs proches, ou de la réponse judiciaire.

Et enfin, les pédophiles abstinents, "qui ont fait le choix assumé de ne pas avoir de relations sexuelles avec les enfants" malgré leur attirance. En 2017, le magazine Neon avait recueilli le témoignage d'un de ces jeunes pédophiles abstinents. De la pédophilie à la pédocriminalité, il y a un vrai pas. Ce numéro d'écoute espère dissuader les pédophiles de faire tomber cette frontière.
Qui peut vous aider ?
  • Le 0 806 23 10 63, numéro gratuit, fonctionne les lundi, mardi et mercredi de 9h30 à 17h00. Il ne s'agit pas d'une ligne d'urgence, ce canal est réservé aux potentiels auteurs de violences. Après une première évaluation, la plateforme permettra de vous accompagner vers un parcours de soin.
  • L’association l’Ange bleu, fondée en 1998 par Latifa Bennar dispose d'une ligne d’écoute au 06 84 97 72 39, disponible après 21h, et d'une adresse mail : ange.bleu@wanadoo.fr. Auteur ou victime, cette ligne d'écoute permet d'évaluer votre situation et de vous rediriger vers des professionnels.
  • Le site troubled-desire.com/fr/ peut vous permettre de vous auto-diagnostiquer si vous ressentez une attirance pour les enfants ou les adolescents. Créée en Allemagne, la plateforme est traduite en Français et pourrait devenir un outil européen. Vous pouvez également vous y diriger si vous cherchez conseil pour un proche.
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