Coupe de France: déchu du monde pro, Tours en reconquête

Rétrogradé cet été en National 3 (5e division), Tours a dû reconstruire à la hâte une jeune équipe qui affronte Nîmes (L1)  ce samedi en Coupe de France mais reste surtout chargée de revenir au plus vite dans le monde professionnel.
 
Tours. (12/04/2019)Tours Football Club VS Bourg en Bresse
Tours. (12/04/2019)Tours Football Club VS Bourg en Bresse © Mathilde Morancey - MAX PPP
Comme son voisin Angers, Tours a fêté son centenaire en 2019. Mais alors que le SCO s'en sort tout à fait honorablement dans l'élite, le stade de la Vallée du Cher, où ont évolué Olivier Giroud et Laurent Koscielny, sonne désormais vide. Tours a été relégué en National à l'issue d'une saison 2017-18 calamiteuse en Ligue 2. Et le pire restait à venir: une relégation sportive en N2 au printemps puis une rétrogradation en N3 cet été par la DNCG, le gendarme financier du football français. 
De mauvais choix sportifs et de vieilles ardoises ont plombé les Ciel et Noir, même si Jean-Marc Ettori, président du Tours FC depuis 2013, dénonce aussi "une cabale" contre le club et un manque de soutien politique et économique local.  

Le budget du club divisé par quatre

Le nombre de salariés est passé de plus de 70 à 26, et le budget -- qui reste confidentiel -- a été divisé par quatre depuis la saison dernière, explique Cédric Chauvet, le directeur général du club.
Et si l'équipe attirait encore 2.000 spectateurs en moyenne par match en National, il est tombé à moins de la moitié. Le stade de la Vallée du Cher a compté jusqu'à plus de 20.000 spectateurs dans les années 1980, "ça sonne creux quand il y a 7 ou 800 personnes", se désole l'entraîneur, Nourredine El Ouardani.

 Avec la perte du statut professionnel et l'annulation de tous les contrats, les deux-tiers des joueurs sont partis cet été. "On a fait l'équipe comme on a pu, en quelques jours", raconte M. Ettori.

"J'avais travaillé sur un profil d'équipe avec des jeunes et des joueurs locaux. L'idée, c'était de miser sur la jeunesse. On veut les accompagner vers le plus haut niveau, ils veulent connaître le plus haut niveau avec nous,

explique El Ouardani, dont l'effectif affiche une moyenne d'âge de 21 ans. Ce pari sur la jeunesse doit cependant se faire sans le centre de formation, fermé à cause de la perte du statut professionnel. "La plupart des gamins ont trouvé des points de chute dans des clubs pros. Notre boulot a été reconnu", se console l'entraîneur, qui avait conduit la génération 2000 en finale de la coupe Gambardella- la compétition nationale des moins de 19 ans - en 2018.

 

Priorité championnat 

Pour le reste, "on arrive pratiquement à fonctionner comme un club pro", assure l'entraîneur. Des infrastructures solides, des entraînements réguliers... Seul le côté médical relève plus de la débrouille: pas de préparateur physique, pas de kiné, pas de médecin à plein temps, seulement un joueur-kiné et un médecin bénévole.
"L'objectif, c'est la remontée directe. La place de Tours, ce n'est pas la N3. L'histoire du club, c'est la Ligue 2", martèle M. Chauvet. Et à mi-saison, Tours est sur la bonne voie: en tête de sa poule de N3, avec sept points d'avance sur le 2e. 
Dans ces conditions, le 32e de finale de Coupe de France face à Nîmes -- dont l'entraîneur Bernard Blaquart a officié à Tours -- n'est pas une priorité pour M. Ettori, qui y voit surtout "un risque de cartons, de blessures et de distraction".
"Je serais content pour les joueurs qu'ils battent Nîmes, mais le but c'est le championnat, le championnat et encore le championnat. Il faut rester sur notre lancée pour pouvoir commencer à nous projeter sur l'an prochain, chercher de nouveaux sponsors, de nouveaux joueurs... Nous ne tenons pas à rester plusieurs années en National 2 non plus."
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