Le procès pour "enlèvement" et "séquestration" de Mounia Haddad, élue LREM du conseil départemental d'Indre-et-Loire, par sa famille est reporté au 27 septembre 2018.
"Ma cliente vit terrée et terrorisée depuis 10 jours", a déclaré Maître Bendjador, l'avocat défendant Mounia Haddad, élue LREM au conseil départemental d'Indre-et-Loire. L'opposition de ce dernier, ainsi que du procureur, au renvoi du procès du père et des deux oncles de l'élue pour "enlèvement" et "séquestration" n'aura pas suffit.
L'audience est finalement renvoyée au 27 septembre 2018. Maître Behloul, avocat de la défense avait demandé le renvoi le matin même, ses clients ayant décidé de changer d'avocat au dernier moment. Les prévenus ont été notifiés de la date du procès dix jours auparavant, soit le minimum légal.
Les prévenus resteront sous contrôle judiciaire
La demande a été acceptée lors de l'audience au palais de justice de Tours en fin d'après-midi afin de garantir les droits de la défense. Le père, les deux oncles et le frère de la victime ( à qui il est reproché une menace de mort envoyée par mail), qui ont tous un casier judiciaire vierge ou presque, resteront néanmoins sous contrôle judiciaire en attendant le procès.
Mounia Haddad, très choquée, ne s'est pas présentée à l'audience d'aujourd'hui. Son avocat, qui regrette le renvoi, a tout de même appelé à l'"apaisement" à la sortie de l'audience cette après-midi.
Rappel des faits
Les faits se sont déroulés les 18 et 19 juillet derniers. Mounia Haddad, 29 ans, avait quitté début mai la région avec son compagnon, que sa famille n'acceptait pas. Le couple s'était installé dans les Alpes-Maritimes.
Le 18 juillet, la police était informée par son compagnon de la disparition de la jeune femme à Mandelieu-la-Napoule, près de Cannes. L'enquête permet rapidement de géolocaliser le portable de la victime et de suivre son parcours qui la ramène au domicile parental à Saint-Pierre-des-Corps, dans la périphérie de Tours, domicile placé sous surveillance.
Le 19 au matin, une rixe survient devant l'habitation entre membres des deux familles, entraînant l'intervention de la police. La jeune femme accourt alors vers les policiers, leur demandant de lui porter secours.
Au printemps dernier, après avoir pris connaissance des projets matrimoniaux de la jeune femme, sa famille l'avait emmenée en Algérie en vue d'y préparer un mariage à leur convenance, a expliqué l'avocat du jeune couple. Il précise lors de l'audience : "Cela fait déjà un an et demi que Mounia Haddad essaie de faire entendre raison à sa famille".
L'élue LREM devrait se marier début août. La juge a invité cette dernière à se présenter au procès en septembre, tout en soulignant que cette décision lui appartenait.