Tours : SOS Médecins en grève, "notre profession est en train de mourir"

Dès ce lundi 13 septembre au matin, les praticiens de l'antenne tourangelle de SOS Médecins font la grève des visites en journée. Ils dénoncent un manque de rentabilité qui fait fuir les médecins d'une profession qui garantit le maintien à domicile des personnes.
SOS Médecins à domicile, image d'illustration.
SOS Médecins à domicile, image d'illustration. © James Hardy/AltoPress/Maxppp

Les médecins de Tours ont décidé de prendre les devants. Alors que la fédération nationale SOS Médecins annonçait le 3 septembre dernier qu'une journée de mobilisation commune serait programmée sous peu, l'antenne d'Indre-et-Loire engage de son côté une première mobilisation dès ce lundi 13 septembre. 

Dans les faits, ce lundi et de manière reconductible, les praticiens de SOS Médecins Tours ne feront plus de visites à domicile en journée de semaine, qui constituent environ 10% de leur activité. Continueront cependant les visites de nuit et le week-end, ainsi que les consultations sans rendez-vous en cabinet. 

Le but : dénoncer ce que la profession considère comme un manque chronique de moyens alloués à la visite médicale à domicile. "Le gouvernement veut à tout prix miser sur le maintien à domicile des personnes fragiles plutôt que de les envoyer à l'hôpital, mais elle ne nous donne pas les moyens de le faire", regrette le docteur Antoine Campagne, représentant de SOS Médecins Tours.

De moins en moins de candidats

Exemple frappant pour les grévistes : la majoration de déplacement est de 10 euros en journée, et l’indemnité de déplacement est de 3 euros 50 pour les visites le soir et le week-end. Des tarifs jugés rédhibitoires pour de potentiels nouveaux arrivants. En 2022, deux des 12 médecins de l'antenne de Tours quitteront leurs postes, sans qu'une solution de remplacement ait été trouvée à l'heure actuelle.

Fin juin, une lueur d'espoir avait pourtant surgi au milieu de la crise sanitaire : "Le ministre Olivier Véran nous avait remercié de notre engagement pendant la période Covid, où on a été au plus près des gens sans être vaccinés", se souvient Antoine Campagne. Et finalement, "on a été exclus de la revalorisation professionnelle de l’avenant n°9", signé entre l’Assurance Maladie et les médecins libéraux fin juillet.

Avec ce texte, les libéraux bénéficient du passage à 70 euros de la consultation à domicile pour les patients de plus de 80 ans en affection longue durée, alors qu'elle reste à 35 euros pour les praticiens de la fédération SOS Médecins. "On se réjouit qu'ils en bénéficient, mais on est un peu surpris de ne pas en bénéficier, nous", souligne le médecin tourangeau.

"Notre profession est en train de mourir, et plus personne n'en fera d'ici 5 à 10 ans si rien n'est fait" sur son attractivité financière, prophétise le médecin, qui en appelle directement au gouvernement. "C'est quand même paradoxal : notre cœur de métier, c'est garder les patients à domicile, ce qui fait faire des économies à la société. Mais comme on a de moins en moins de monde, les gens vont à l'hôpital, où ça peut déjà coûter 200 euros d'attendre le médecin." Bel exemple de serpent qui se mord la queue.

 

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